On le savait décidé, motivé, excité par cette Route du Rhum-Destination Guadeloupe. On pouvait aussi s’interroger sur son bateau de 12 ans d’âge et pourquoi pas, sur ce marin et sa capacité à se transcender après tant de triomphes planétaires et océaniques. A l’entame du cinquième jour dans cette route du Rhum-Destination Guadeloupe, Francis Joyon apporte avec la plus désarmante simplicité, les réponses à toutes ces interrogations. Oui, IDEC SPORT tient le rythme de voiliers plus sophistiqués, plus légers, plus aériens. Oui Francis, à 62 ans, demeure le Joyon des tours du monde, des plus grand records, impérial à la barre, toujours en capacité à tirer le meilleur de sa fidèle monture. Souvent à plus de 30 noeuds, constamment à la relance, rivé à sa barre, se nourrissant de ce qui passe à la volée, Francis fait du Joyon, en maîtrise, en contrôle, en mode record…

« Le sommeil, comme l’alimentation, c’est un peu n’importe quoi en ce moment ! ». La voix calme et posée, teintée d’amusement à l’évocation de la vie du navigateur solitaire entré depuis hier dans l’alizé. On retrouve un Francis Joyon tel qu’en sa légende, celle du navigateur solitaire par excellence, en phase, en symbiose avec son bateau qui lui murmure de vague en vague ses envies de vitesse, de vol sur l’écume. 5 jours déjà que Joyon est à fond, que sa pugnacité et son savoir aller vite lui permettent de ne jamais être complètement lâché par un Macif toilé pour planer sur cette Route du Rhum.

Francis Joyon est totalement investi de la mission qu’il s’est auto-confiée, faire la démonstration que son IDEC SPORT, détenteur du tour du monde en 40 jours, peut encore se montrer à son avantage face aux libellules dernier cri. Course contre le temps, course contre l’histoire peut-être, cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe est un défi taillé pour ce qui nourrit Joyon le marin, Joyon l’homme de tous les challenges. Etre présent là où on ne l’attend plus, là où on le dit battu d’avance, voilà ce qui alimente le fourneau de ses exigences. Et Francis de relever tous les gants, celui de la stratégie dans cet alizé hésitant. Celui de la persévérance et de la résilience dans l’effort ultime de la vitesse aéro-planante d’un IDEC SPORT à qui il redonne, de coup de barre en tours de winches, toute sa vélocité, tout son panache.

« Je demande tout au bateau, et à moi-même ! » avoue-t-il, étrangement calme et reposé après cinq jours d’efforts non calculés. « Je barre beaucoup sous un chaud soleil d’alizé. Je mesure ma chance d’être là, de pouvoir naviguer comme j’aime le faire. Le bateau est en bon état et le bonhomme aussi. Nos foils, à 30 noeuds de vitesse, constituent une réserve de puissance étonnante. Ils sont faits pour la très haute vitesse. Le flotteur décolle, mais IDEC SPORT ne fait plus le fou… C’est un jeu d’équilibriste à la barre. »

Et Joyon de se projeter en permanence sur l’avenir, sur cet important empannage à déclencher très bientôt, pour un bord encore plus rapide vers la Guadeloupe. « Macif évolue dans un bon couloir de vent. On hésite à le quitter. Il y peu de coups à faire, mais tout se joue à si peu de choses… »

 

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