1990, 1994, 1998, 2002, 2010, 2014, et 2018 ! Francis Joyon est, avec Loïck Peyron et ses 8 participations, le marin le plus chevronné sur ce parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. A défaut de victoire, et malgré une belle deuxième place en 2010, Francis s’est à chaque fois singularisé d’une manière obstinément fidèle à cette réputation de marin de l’extrême, jusqu’au boutiste dans son endurance et dans certains choix de route. Jamais ses Routes du Rhum n’ont été anonymes ou insipides, mais souvent marquées du sceau du panache. De quoi sera fait cette 7ème participation ? Que nous réserve le détenteur du Trophée Jules Verne face à une concurrence passée dans une autre dimension technologique ? Quelle nouvelle page, le marin qui, à un moment ou un autre de sa longue carrière, a détenu tous les plus grands records océaniques à la voile, s’apprête-t-il à écrire, seul à la barre de son trimaran géant, IDEC SPORT.

Dès sa première participation à la Route du Rhum en 1990, Francis Joyon, alors âgé de 34 ans, frappait les imaginations en raccourcissant de plus de 3 mètres, à quelques jours du départ, les coques de son improbable catamaran puzzle construit de ses mains à partir d’éléments récupérés. Francis ralliait Pointe-à-Pitre au terme d’un voyage semé d’embûches techniques qu’il réparait et calfeutrait avec les faibles moyens du bord, initiant une méthode et un style qu’un MacGyver n’aurait certes pas renié. Les années Orma, cette classe de trimarans de 60 pieds ultra légers et surtoilés ne lui apporteront toujours pas la consécration entre Bretagne et Guadeloupe, à l’inverse d’une Transat Anglaise, plus rugueuse peut-être, et plus en adéquation avec la rusticité de la méthode Joyon, où Francis brille en 96 (malgré un chavirage avant l’arrivée alors qu’il caracole en tête) et en 2000, où il parachève triomphalement son oeuvre dans l’âpreté de l’Atlantique nord.

De chavirages, il est aussi largement question en 2002 quand pas moins de 6 trimarans Orma sur 18 engagés vont au tapis. Francis est de ceux-là et à deux jours de course échevelés dans la tourmente, s’additionnent pas moins de 5 jours passés dans le cockpit inondé de son trimaran retourné qu’il refuse obstinément d’abandonner. Routes extrêmes, traversées épiques sur des machines improbables, fortunes de mer mais aussi panache d’une belle deuxième place en 2010 derrière l’intouchable Groupama 3 devenu… IDEC SPORT, Francis aura connu à peu près tout sur la Route du Rhum. Il y revient pourtant, combatif, passionné et toujours aussi imperméable aux tendances tout Hi-Tech qu’il observe avec la même apparente bonhommie d’artisan de la mer, riche des succès planétaires qu’on lui connait. Face aux bateaux volants, IDEC SPORT va, des dires mêmes de son skipper, « voleter », à l’affût des situations météos favorables à son architecture signé VPLP en 2006. Francis sera, dans cette quête, épaulé par une cellule météo bien à son image constituée par Christian Dumard et Gwénolé Gahinet.

« J’ai envie de faire une belle course ». Simple, concis, Francis se recentre sur son plaisir de naviguer, à la barre d’un fabuleux vaisseau. Le chasseur de records en solo ou en équipage, revient avec plaisir à la compétition en flotte, sur son terrain de jeu chéri entre France et Antilles. « Nous avons considérablement fait progresser le bateau ces derniers mois. Les nouvelles sensations sont excellentes. Mon équipe et moi-même avons appliqué les mêmes recettes de simplifications qui me semblent essentielles pour maîtriser une telle machine, et limiter les risques d’avaries. Nous avons bien progressé sur les réglages de l’incidence de nos foils. IDEC SPORT a conservé ses magnifiques qualités marines, et a gagné en vélocité à certaines allures, grâce aussi à l’apport de nos nouvelles voiles. Quant à moi, je suis prêt à le solliciter au maximum tout au long des 3 542 milles du parcours… »

 

 

 

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