Francis Joyon a quitté jeudi dernier (heure locale) New York City, en solitaire, sans aide extérieure à la navigation, pour convoyer son maxi trimaran IDEC SPORT vers son port d’attache de la Trinité sur Mer, après une fort belle deuxième place dans la course The Bridge 2017. Chemin faisant, Francis a observé que le Liner transatlantique Queen Mary 2, qui était dans le cadre de The Bridge, opposé aux maxi trimarans à voile, quittait lui aussi les Etats-Unis en direction de Southampton. Francis s’est pris au jeu et s’est donné pour objectif de rallier le Vieux Continent avant l’immense paquebot. Il est en ce mardi en passe de réaliser ce qui n’avait pu être fait lors de la Transat d’est en ouest. Mieux ! Il est en capacité de battre la nuit prochaine son propre record de la traversée de l’Atlantique en solitaire !

On ne refait pas Francis Joyon. A peine remis de sa fatigue de The Bridge, course en équipage qui réunissait le mois dernier 4 des plus grands trimarans de course au monde, Francis Joyon décidait, un peu au débotté, de ramener en solo son trimaran géant vers la France. Point de routage sophistiqué, ni de stand-by météo, ni même d’avitaillement particulier et IDEC SPORT quittait l’Hudson river pour glisser à proximité du phare d’Ambrose jeudi dernier 6 juillet à 23 heures 30 TU. Francis déclenchait alors sa « boite noire » chargée d’enregistrer tous ses paramètres de navigation. Il avait en effet à l’esprit non seulement de se tester pour la première fois seul à bord de son trimaran géant, mais aussi, si d’aventure les conditions météos s’y prêtaient, de tenter, pourquoi pas, de battre le record de la plus grande distance parcourue en 24 heures, propriété de Thomas Coville (Sodebo) depuis juin 2016 (714 milles). Rappelons qu’IDEC SPORT, ex Groupama, ex Banque Populaire VII, n’a été mené qu’à deux reprises en solitaire, par Franck Cammas et Loïck Peyron lors de leurs Routes du Rhum victorieuses en 2010 et 2014.

Francis navigue ce matin à 340 milles du cap Lizard, terme des parcours transatlantiques où sont enregistrés les records. Il doit parer ce cap avant demain mercredi 12 juillet à 2 heures 25 minutes et 10 secondes TU (Temps Universel) pour espérer battre le chrono référence qu’il avait lui-même établi à bord de son ancien trimaran Idec le 16 juin 2013, en 5 jours, 2 heures, 56 minutes et 10 secondes, à 23,30 noeuds de moyenne. « Cela va se jouer à la minute près ! » expliquait ce matin Francis Joyon. « Je dois encore « tricoter » un peu sous l’Irlande car je navigue au plein vent arrière. Je suis parti à l’improviste dans des conditions très éloignées de ce que l’on aurait espéré pour tenter un record. Mais dès samedi, les conditions se sont améliorées et j’ai pu suivre une route plus optimisée que celle que j’avais suivie, très proches des Açores, en 2013. Je me suis pris au jeu et j’essaie de faire marcher le bateau au mieux en solitaire. Je dois beaucoup m’employer car j’ai eu beaucoup de manœuvres à effectuer. De plus, mes pilotes ne fonctionnent pas très bien et je préfère barrer pour aller plus vite. Je gagne jusqu’à 15 % d’efficacité si je demeure à la barre. » On le devine, le repos et la récupération sont réduits au minimum, et le skipper Trinitain de 61 ans se contente depuis samedi de courtes siestes d’un dizaine de minutes.

Alors que le Queen Mary 2, certes ralenti par une escale médicale  de 2 heures obligée à Halifax, n’est attendu que jeudi matin à Southampton, Francis non seulement tient sa revanche sur le géant des mers, mais est en passe de réaliser un nouvel exploit d’autant plus méritoire qu’il est placé sous le sceau d’une totale improvisation.

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