Francis Joyon, Gwénolé Gahinet, Sébastien Picault, Quentin Ponroy et Alex Pella longent ce matin la DST de Nantucket, cette zone de séparation de trafic interdite à la navigation pour les concurrents de The bridge 2017. Si Macif, solide leader de la course, a pu contourner cette zone par le sud, IDEC SPORT, qui a prolongé cette nuit un long bord vers Cape Cod, a ce matin le loisir de se glisser entre ces deux vastes zones interdites pour filer en bâbord amure vers Long Island.

« Nous avons de nouveau beaucoup manœuvré cette nuit » explique Francis Joyon. « La mer était agitée, et le bateau sautait face à la houle. Nous avons dû lever le pied, dans une brume épaisse. » A environ 200 milles de l’arrivée, l’équipage réduit du grand trimaran rouge et blanc demeure plus concentré que jamais à l’approche d’une baie de New York peu ventée où il va falloir beaucoup manœuvrer pour se jouer, toujours au près, des petits airs, entre de nouvelles zones interdites à la navigation. La ligne d’arrivée située sous le pont de Verrazano va se gagner de nuit, à grands coups de virements de bord au beau milieu d’un intense trafic dans le grand fleuve Hudson. Un endroit que Francis connait bien, depuis ses nombreuses tentatives fructueuses contre le record de la traversée de l’Atlantique.

Le maxi-trimaran Macif de François Gabart aperçoit déjà Long Island, à quelques 80 milles de l’arrivée qu’il espère franchir, en vainqueur, ce soir heure française. IDEC SPORT, deuxième, a porté à plus de 90 milles son avance sur Sodebo, pourtant revenu en fin de semaine dernière à vue de son tableau arrière. Francis et ses boys parient pour une arrivée demain matin à l’aube (heure française), un mardi 4 juillet, jour de la fête de l’indépendance américaine, une belle manière de célébrer le débarquement à Saint-Nazaire voici un siècle des troupes de l’Oncle Sam venues participer à la victoire de la Première Guerre Mondiale. « C’est un beau symbole car nous n’oublions pas ce que nous devons aux Américains » souligne Francis.

Le skipper d’IDEC SPORT a aussi une pensée pour Thierry Briend, blessé cette nuit à bord de Sodebo lors d’une chute. « Nos bateaux sont capables de soubresauts très violents, surtout à l’arrière du cockpit. C’est là que je m’étais fracturé deux côtes en retombant durement sur un winch lors de mon tour du monde en solitaire. » Tout l’équipage espère bien récupérer aujourd’hui, sur une mer plus assagie, dans des températures à présent fort clémentes, afin d’être au maximum de sa forme pour le final de la nuit prochaine. « Le bateau est en bon état malgré de nombreuses petites casses matérielles. »  poursuit Francis. « Cette transat aura été riche d’enseignements, car nous sommes demeurés longtemps au contact des autres bateaux, tous très différents architecturalement du nôtre. Nous avons tous beaucoup appris… »

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