« Nous sommes au coeur de ce pour quoi nous sommes venus! » Francis Joyon et ses quatre équipiers, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Quentin Ponroy et Sébastien Picault constatent avec amusement et un brin d’excitation le petit regroupement des trois maxi-trimarans leaders de The Bridge 2017 intervenu cette nuit au beau milieu de l’Atlantique Nord. La traversée depuis le milieu de nuit d’une dorsale anticyclonique, émanation du célèbre anticyclone des Açores, et bien que l’archipel se situe à près de 600 milles dans le sud des protagonistes, a favorisé un rapprochement en moins de 60 milles de Macif (François Gabart), IDEC SPORT et Sodebo (Thomas Coville).

« Nous avons tous tricoté en bordure de la dorsale » explique Francis, « et commençons à toucher les vents de sud, qui vont vite tourner sud ouest, annonciateur de la dépression en circulation dans l’est de Terre Neuve, et le régime de navigation au près va reprendre. » Un vent de sud qui réchauffe le bord, et permet brièvement de remiser cirés lourds et bonnets, avant le retour d’allures au plus près du vent. Mais c’est bien la régate, la compétition et la comparaison entre trois des plus imposants multicoques de course au large qui passionnent les hommes d’IDEC SPORT. « On voit que tous les équipages sont au « taquet »» souligne Francis. « Ainsi hier soir, à l’heure de la réception des derniers fichiers météos, nous avons observé les mêmes changements de cap simultanés chez chacun des trois multicoques, preuve de la réactivité des équipages aux nouvelles données météos. »
Et les comparaisons de vitesse et de performance d’aller bon train, la proximité des voiliers permettant de jauger les dispositions des uns et des autres dans des conditions d’angle et de force de vent similaires ; « Nous avons ainsi constaté qu’avec certaines voiles et certains réglages, nous étions plus rapides que Macif. Mais qu’à une certaine force de vent, dès qu’il décolle avec ses foils et autres plans porteurs, il nous domine de plusieurs noeuds. C’est intéressant pour nous dans la perspective du développement de notre plan de voilure. »
La stratégie pour l’heure semble relativement simple. La proximité de la zone d’exclusion des glaces limite les prises de risque et les trajectoires extrêmes. « Il y aura encore des petits coups à jouer » poursuit Francis, « mais pas de grandes options tactiques comme on pouvait le faire à l’époque de l’Ostar. Cette zone d’exclusion nous rassure sur la présence, ou plutôt l’absence de glaces. En cas de brouillard, nous allumerons les radars et maintiendrons un niveau de vigilance élevé. A présent, le vent commence à rentrer et nous allons de nouveau devoir manœuvrer pour adapter notre plan de voilure à la nouvelle situation météo… »

Suivre la progression du maxi trimaran IDEC SPORT : http://thebridge.geovoile.com/2017/tracker/?lg=fr

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ut velit, non diam ante. pulvinar mi,

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