Après plus de 26 000 milles dévorés l’hiver dernier autour du monde aux allures majoritairement portantes, l’équipage d’IDEC SPORT découvre avec une curiosité toute professionnelle les « joies » de la navigation au près. Dans un vent depuis le départ obstinément irrégulier en force comme en direction, Francis Joyon et ses quatre mousquetaires, Alex Pella, Gwénolé Gahinet, Sébastien Picault et Quentin Ponroy multiplient avec une certaine satisfaction les combinaisons de voilure, cherchant à tenir tête au redoutable maxi trimaran Macif et ses plans porteurs.
Des plans porteurs, foils et safrans en T, qui semblent faire merveille dès que le vent monte un peu, ainsi que Francis et ses hommes l’ont constaté cette nuit. « Nous l’observions à l’AIS » raconte le skipper d’IDEC SPORT, « et on pouvait deviner très précisément quand il se mettait à « voler ». Alors que nous étions parfaitement réglés avec la voile du temps, il allait jusqu’à 5 à 6 noeuds plus vite que nous qui naviguions de manière plus traditionnelle, à plat. C’était impressionnant. Avec un affaiblissement depuis ce matin de la force du vent, qui est passé de 25 à 10 noeuds, on voit que les vitesses s’égalisent entre Macif et nous. »
IDEC SPORT s’est ainsi programmé pour naviguer au près jusqu’à New York ; « C’est une Transat vent debout » s’amuse Francis. « Nous sommes parfois tentés d’abattre un peu pour aller titiller les 40 noeuds de vitesse, comme ce fut le cas la nuit dernière, mais ce n’est pas raisonnable car il nous faut rejoindre New York. Nous allons chercher le refus, moment où le vent va basculer dans l’axe de progression du bateau. Nous effectuerons alors un petit virement de bord pour reprendre notre progression vers l’ouest, toujours au près mais dans des vents faibles, dans l’attente de la prochaine dépression. Nous ne désespérons nullement de revenir sur Macif. Nous sommes heureux de pouvoir tenir tête dans certaines conditions à un bateau aussi novateur.»
La fatigue est désormais omniprésente pour cet équipage réduit qui doit, à la moindre manoeuvre, se mobiliser totalement pour intervenir sur le pont, comme ce fut le cas à plusieurs reprises la nuit dernière. « Les quarts tournent bien, et toujours dans la bonne humeur.» Poursuit Francis. « Gwéno et moi-même récupérons deux fois par jour les fichiers météos américains et européens. On fait une petite synthèse, souvent avec le soutien de Pic (Sébastien Picault), tout en gardant un oeil sur l’AIS pour observer nos adversaires, et nous décidons ainsi du cap à suivre pour les heures à venir. Quentin Ponroy, benjamin du bord et voilier de son état, prend beaucoup de plaisir à la barre, le nez dans ses chères voiles qu’il inspecte en permanence pour en tirer la quintessence. »

Suivre la progression du maxi trimaran IDEC SPORT : http://thebridge.geovoile.com/2017/tracker/?lg=fr

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