Francis Joyon et ses hommes s’apprêtent à aborder, le passage hautement symbolique, de l’Équateur, probablement demain matin à l’aube, en un temps de course toujours aussi remarquable d’un peu moins de 35 jours depuis le départ d’Ouessant, soit plus de trois jours de mieux que l’actuel temps de référence établi en 2012 par Loïck Peyron sur Banque Populaire V, en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes.

L’Atlantique sud si redouté aura ainsi demain matin été négocié dans son intégralité et de fort belle manière par les Joyon, Surtel, Pella, Audigane, Gahinet et Stamm. Durement secoués par une dépression très creuse au large de l’Uruguay, les marins d’IDEC SPORT ont su contourner, toujours avec de la vitesse, le plus fort du vent pour accrocher, après un épisode de lente transition, des alizés de sud est suffisamment stables et établis pour permettre d’allonger la foulée vers l’Équateur. IDEC SPORT a ainsi parcouru en deux jours près de 1 300 milles, avec confort et facilité, au portant toutes voiles dehors,  avec de longs instants de glisse au soleil. « On se fait bien plaisir à la barre » souligne Bernard Stamm, « Mais nous n’avons pour autant rien changé à notre système de quart, l’idée étant de donner le meilleur de notre concentration et d’éviter de tomber dans une routine assoupissante. »

IDEC SPORT déborde ainsi avec facilité la corne du Brésil, laissant Recife et les îles enchanteresses de Fernando da Noronha dans son sillage. L’avenir immédiat pour Joyon et ses hommes s’appelle « pot au noir » et une vaste manœuvre de contournement est d’ores et déjà entamée. « Nous surveillons avec l’aide de notre routeur Marcel van Triest une grosse bulle anticyclonique en circulation sur notre route », explique Francis. « Nous allons devoir la contourner par l’ouest, en rallongeant notre route  vers les 36 degrés de longitude ouest » Plus que jamais, le bon enchainement des systèmes météos est la clé du succès de cette entreprise planétaire ; « Il y aura une pause de transition à bien négocier du côté des Canaries, et il ne faut pas que nous nous y présentions en retard sous peine de rater le bon wagon vers Ouessant. »

Pot au noir, anticyclone des Açores, la partie si bien engagée contre le record du Trophée Jules Verne se nourrit de péripéties qui gardent Joyon et son formidable équipage sous pression permanente, et ce, jusqu’au franchissement de ligne d’arrivée prévu d’ici encore une petite semaine…

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