À 400 milles au large de Salvador de Bahia, son équipage tire, encore et toujours, le meilleur profit de conditions idéales pour progresser sur la route retour du Trophée Jules Verne. En approche de l’équateur qu’il devrait franchir demain soir, le trimaran rouge et gris, porté par l’alizé brésilien, avale les milles avec l’appétit qu’on lui connaît. À bord, Francis Joyon et les siens se préparent désormais à en découdre avec les eaux troubles du Pot au Noir, qui reste l’ultime écueil météorologique à franchir à moins de 4000 milles de l’arrivée du record de vitesse absolue autour du monde.

« On a des conditions vraiment sympas pour avancer vite et confortablement. Tout à l’heure, le vent s’est renforcé de 2-3 nœuds et le bateau prenait tout de suite 37-38 nœuds de vitesse », raconte Francis Joyon à la vacation du jour, qui ne cache pas non plus apprécier à sa juste valeur, le charme de la navigation tropicale. Des alizés bien établis, une mer plate et un angle de vent parfait : il n’en faut pas plus pour que le maxi-multicoque retrouve des hautes vitesses sur une trajectoire rectiligne, qui font sa marque de fabrique sur cette campagne de record planétaire. À ce rythme, aux côtés de Bernard Stamm, Alex Pella, Sébastien Audigane, Clément Surtel et Gwénolé Gahinet, le skipper d’IDEC SPORT a déjà pris de l’avance sur les dernières prévisions. Un tempo qu’il devrait garder jusqu’au Pot au Noir, principal et dernier obstacle avant de rejoindre les systèmes annoncés très favorables pour la remontée jusqu’aux côtes bretonnes.

Des routages jusqu’à Ouessant…
Francis Joyon et ses hommes, forts de leur confortable avance de 4 jours et 6 heures au cap Horn, gardent toutes les bonnes raisons de rester confiants pour la suite de leur course contre le chronomètre. Des premières estimations, à prendre avec toute la prudence qui s’impose, envisagent en effet une fin de circumnavigation expresse d’ici une huitaine de jours. Un signe qui ne trompe pas, puisqu’à bord, les routages tournent déjà bel et bien jusqu’à Ouessant. Ils voient notamment un « un bon flux de sud-ouest aux Açores », que l’équipage aimerait bien attraper dans ses voiles pour un run final à la hauteur du sprint austral qu’il a mené à travers l’océan Indien et le Pacifique.

Difficile dans ce contexte de ne pas commencer à se projeter vers une fin de course effrénée, qui pourrait si le Pot au Noir se montre bienveillant, se terminer en accéléré dans le dernier tronçon de cette course planétaire. « Vu le parcours déjà accompli, c’est vrai qu’on ressent un peu que c’est le début de la fin », consent de son côté Gwénolé Gahinet, qui au-delà de la Zone de Convergence Intertropicale, voit toutes les bonnes perspectives que lui réserve l’Atlantique Nord. « On sait qu’on aura des conditions largement suffisantes pour battre le record. C’est quand même bon pour la sérénité. On commence pas mal à penser à l’arrivée, et on commence à en parler entre nous. »
 
Et le Vendée Globe à bord d’IDEC SPORT ?
Et s’il y a bien un autre sujet qui anime les conversations sur le pont d’IDEC SPORT, c’est bien évidemment le Vendée Globe, dont le dénouement final n’en finit pas de tenir les terriens en haleine. « C’est un beau match. Armel (Le Cléac’h) est au top de la maîtrise de son bateau, on le sent bien. Et Alex (Thomson), dans un autre style, plus agressif, a lui aussi très bien joué. On suit tout ça avec pas mal d’attention », commente le benjamin du bord.

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