Quelque peu échaudé par l’insolent brio avec lequel Francis Joyon et son extraordinaire équipage du maxi-trimaran IDEC SPORT se sont joués des vastes mers du Grand sud, l’océan Atlantique en sa partie australe avait concocté un accueil des plus tonique aux prétendants à la quête du Trophée Jules Verne. Confrontés à des choix de route extrêmes, entre longue distance à l’est, et allures de près à l’ouest, c’est sur une mer particulièrement difficile, « casse bateau » pour être précis, que les Joyon, Pella, Surtel, Audigane Stamm et Gahinet ont choisi, sur les conseils d’un Marcel van Triest plus impliqué que jamais, de s’accrocher à la route nord la plus directe qui les conduit, à l’entame de leur trentième jour de course, à croiser au large de Buenos Aires avec une confortable avance sur le tenant du Trophée. Au fort vent d’ouest et à la mer formée va succéder un épisode de sensible ralentissement, dans de petits airs d’est que les marins fatigués d’IDEC SPORT devront exploiter avec opportunisme. L’écart un moment enregistré ce matin à 2 230 milles avec Loïck Peyon et les 13 hommes du multicoque géant Banque Populaire V va se réduire, le temps pour Joyon et ses hommes de retrouver des alizés de sud-est, et de foncer vers le dernier grand marqueur de ce tour du monde avant la ligne d’arrivée, l’équateur.

 

« Il va falloir tricoter pour gagner dans le nord, en s’adaptant aux conditions de vent faible que nous allons rencontrer dès aujourd’hui. » Point de lassitude ni d’inquiétude dans la voix de Francis Joyon. Son maxi-trimaran IDEC SPORT a, en trois jours seulement et depuis le passage au cap Horn, gagné la latitude de Montevideo. Une première partie d’océan Atlantique musclée, marquée certes par l’arrivée du soleil et de ses chauds rayons bienvenus, mais aussi par une mer rien moins qu’infernale, qui a mis à mal 24 heures durant hommes et matériels. « On a souffert pour le bateau qui enfournait beaucoup » atteste Clément Surtel. « Une navigation casse bateau peu propice à la vitesse, rendant difficile la recherche du sommeil,  et que nous sommes heureux de voir s’arrêter. »

Place à présent à une ambiance tropicale. La chaleur fait son apparition au grand bonheur des marins en capacité « d’enlever des couches », et de procéder au séchage des équipements. « Nous demeurons hyper concentrés sur la marche du bateau » poursuit Clément. « Notre avance agit comme un aiguillon qui nous pousse à la vigilance et à toujours rechercher la performance. Il faut terminer cette belle aventure le mieux possible. Nos regards sont désormais braqués sur l’équateur et au-delà, sur le retour à la maison… »

Reste à négocier quelques bulles anticycloniques avant de sentir le vent adonner au sud- est. Les alizés permettront à IDEC SPORT de renouer avec les très hautes vitesses qu’il va, ces prochaines heures, abandonner au profit d’un rythme de course beaucoup plus lent, marqué par de nombreuses manœuvres0, changement de voiles et d’amures pour demeurer, toujours et encore dans le tempo des éléments…

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