À moins de 1000 milles du Horn, IDEC SPORT poursuit sa progression au pas de charge vers la 3ème et dernière marque balisant la circumnavigation expresse sur les eaux mal pavées du Grand Sud. Dans des vents d’ouest d’une vingtaine de nœuds, les six hommes du bord, pied au plancher et tête dans le guidon, au maximum du potentiel du bateau, gagnent encore des milles et du terrain au gré des empannages qui ponctuent ce dernier tronçon du parcours sous les latitudes extrêmes. Ce matin, alors qu’ils progressent entre les 57è et 58è parallèles en direction de cette frontière océanique, Francis Joyon, Alex Pella, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet, Clément Surtel et Bernard Stamm ont déjà porté leur avance à 1 700 milles sur le tableau de marche du Trophée Jules Verne.

Si tout va pour le mieux dans le meilleur d’un tour du monde par sa face australe – comme en témoigne encore le gain de 300 milles enregistré ces dernières douze heures – Francis Joyon ne fait pourtant pas mystère de ses inquiétudes concernant le passage de la fusée IDEC SPORT au cap Horn. Des conditions de petit temps, avec la menace de calmes lancinants, risquent en effet de franchement freiner sa progression à l’heure de planter les étraves en Atlantique Sud.

Le cap Horn par le nord ?

Pour esquiver cette zone aléatoire et incertaine, Francis Joyon et le routeur Marcel van Triest espèrent pouvoir aborder la pointe sud de la Terre de Feu par le nord afin de bénéficier d’un flux plus favorable pour rejoindre la sortie du Pacifique. Ce matin, après avoir longtemps taillé sa route au sud des 57è pour éviter de croiser un iceberg ou des growlers en eau plus chaude, le trimaran rouge et gris a déjà regagné quelques degrés de latitude au rythme des bords à tirer plein vent arrière.

Les prochaines 24 heures s’annoncent sous haute tension pour approcher au mieux le rocher noir qui restera un moment fort pour tous les marins du bord. À eux six, ils ont beau déjà cumuler plus de quinze passages au cap Horn, l’impatience de rejoindre des latitudes plus douces associée à la promesse d’accumuler de précieux milles d’avance avant d’entamer la remontée de l’Atlantique l’emporte pour cet équipage de haut vol au sommet de son art en matière de navigation extrême. « C’est toujours un moment très fort. On a une stratégie de course qui bascule à ce moment là. On passe d’une situation, qui peut être parfois un peu de survie, à une situation plus confortable, plus normale », souligne le skipper d’IDEC SPORT, en passe de saluer pour la cinquième fois le rocher mythique.

 

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