Le Cap de Bonne Espérance paré cette nuit dans un très bon timing, IDEC SPORT a fait son entrée dans l’océan Indien, au petit jour ce jeudi matin. L’équipage de haut vol réuni à bord du trimaran rouge et gris poursuit sur sa lancée pour tirer le meilleur des conditions actuelles et abattre les milles à une cadence folle. De bon augure pour la suite de son parcours planétaire et de sa course effrénée contre le chronomètre, son implacable adversaire dans sa conquête du Trophée Jules Verne. Interview de Francis Joyon sur fond de pointes à 40 nœuds par 46° Sud.

Des vitesses moyennes de 36 nœuds, un cap Bonne Espérance paré en moins de 13 jours, les performances d’IDEC SPORT doivent vous satisfaire ? 
Francis Joyon : « C’est vrai que nous allons vite. Avec les 879 milles parcourus sur les dernières 24 heures, on réalise la meilleure performance enregistrée sur toute l’histoire du Trophée Jules Verne. 12 jours et une poignée d’heures, notre temps de passage à Bonne Espérance est très correct. Ce n’était pourtant pas gagné au départ, mais nous avons su surmonter les obstacles qui nous ont freinés sur la route pour nous positionner à l’avant d’un front dépressionnaire à l’entrée des mers du Sud. Depuis, nous tenons des moyennes très élevées en toute sécurité. Nous sommes vraiment très contents de performances du bateau dans ces conditions. On vient d’ailleurs de refaire une petite pointe de 40 nœuds ! »

Vous  rentrez dans le dur du Grand Sud, les glaces ne sont-elles pas aujourd’hui votre principal obstacle pour suivre la route idéale ?
F.J. : «  À ce stade du parcours, on est obligé d’être en veille permanente et continue vis-à-vis des icebergs : au niveau du radar, comme sur le pont et à la barre. À terre, Marcel van Triest, notre routeur, suit également de très près la position des glaces. Il nous fait éviter les zones de concentration importante. Mais contrairement à notre tentative de l’année dernière, la route optimale passe, selon les routages, un coup au nord, un coup au sud des îles Kerguelen ; mais en aucun cas, elle nous fait plonger aussi sud que lors de notre précédente tentative de l’année dernière. On va bien sûr continuer de descendre, mais sans doute pas plus bas que les 52° Sud. »

Ces trois derniers jours, vous avez déjà comblé une grande par de votre retard sur le tableau de marche du record. L’Indien va-t-il vous offrir les conditions pour prendre de l’avance sur le chronomètre ?
F.J. : « Actuellement, il fait gris, on voit à 500 mètres, la visibilité diminue, la température extérieure est de 7°. Il y a toujours de la brume, et c’est normal dans cette partie du monde. Mais surtout nous bénéficions de conditions idéales pour tenir des hautes vitesses dans un angle de vent très favorable. La mer n’est pas encore trop formée. Hier, nous avons réussi à aller plus vite que le système de vagues qu’on a pu dépasser. Tout l’enjeu consiste à rester à l’avant du front dépressionnaire qui nous pousse. Plus en arrière, cela complique les choses dans des vent plus irréguliers et sur une mer plus croisée.  Si tout se passe bien, on peut espérer rattraper ce retard sous l’Australie, au niveau du cap Leeuwin. Actuellement, nous avons encore 30 nœuds, nous nous apprêtons à renvoyer un ris dans la grand voile pour bien suivre les évolutions du vent et maintenir le rythme le plus élevé possible. »

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