Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage à bord du maxi-trimaran IDEC SPORT vont tard ce soir, affronter le redoutable pot au noir. Il n’aura fallu à ce fabuleux commando que 4 jours et demi pour venir négocier cette zone de grande instabilité météorologique étalée quelques degrés seulement au nord de l’Equateur. De l’épaisseur et de la virulence de ce secteur imperméable à toute estimation météo fiable, dépendent le chrono du maxi-trimaran rouge et blanc sur ce premier tronçon historique du Trophée Jules Verne. A plus de 30 nœuds de moyenne sur le fond, et 25,5 nœuds sur la route, Francis, Clément, Alex, Seb, Bernard et Gwéno ont investi l’exact dose d’énergie, de concentration et de vigilance pour signer un très beau chrono entre Ouessant et l’Equateur. Arbitre de ce premier défi, le pot au noir va-t-il enfin se montrer conciliant ? Joyon veut y croire, soulignant dans un sourire « que le pot ne peut à deux reprises s’acharner sur eux… »

100 milles d’avance en ce début du 5ème jour de course,  près de 3 000 milles parcourus sur le fond et une trajectoire limpide, que seuls cinq petits empannages viennent hacher ; les Joyon’s boys auront tiré un excellent parti d’une fenêtre météo loin de l’idéal. Francis Joyon n’y voit d’autres explications que l’application mêlée de joie de chacun des membres de l’équipage à tenir son rang, quart après quart. « C’est vrai qu’avec le petit mât, l’équipage réduit, synonyme de gain de poids, IDEC SPORT se comporte magnifiquement dans ce régime d’alizé relativement stable, et sur cette mer bien rangée » précise-t-il. « Nous tirons le meilleur parti du bateau, de son extraordinaire passage dans la mer qui rend le travail à la barre très agréable. Notre combinaison de voilure dans cet angle de vent fait merveille. »

IDEC SPORT aborde ainsi la grande incertitude du pot au noir. Echaudé par l’expérience de novembre dernier, Joyon croit en sa bonne étoile. Il croit aussi aux conseils et aux observations prodigués depuis la terre par Marcel van Triest qui aperçoit un petit couloir d’entrée vers l’hémisphère Sud par 25 degrés de longitude ouest. Les alizés de sud-est s’y feraient déjà sentir et l’entrée dans le si redouté car si capricieux Atlantique Sud en serait facilitée.

La fatigue qui se fait fort naturellement sentir n’entame en rien l’enthousiasme et l’envie des 6 marins d’IDEC SPORT de prendre leur revanche sur cette traversée du pot au noir de novembre dernier. Un record se gagne à l’envie, à l’inspiration, au talent, mais aussi à la chance. Un petit coup de pouce du destin viendrait à propos ce soir récompenser la belle obstination de Joyon et de ses boys…

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