« C’est l’un de mes nombreux défauts, je ne suis pas patient… » Francis Joyon déteste les longs et fastidieux « stand-by » inhérents à toute tentative de record. C’est sans grande surprise pour ses proches qu’il a hier matin, à 9 heures 19 minutes très précises, bondit sur la ligne de départ du Trophée Jules Verne, avide d’en découdre autour de la planète à la barre du maxi-trimaran IDEC SPORT, et en en compagnie de son incroyable équipe. 24 heures plus tard, c’est un skipper heureux qui avale à toute allure une houle de mieux en mieux organisée au large du Portugal. IDEC SPORT est reparti sur d’excellentes bases dans sa troisième tentative en tout juste un an, contre le record du Tour du monde absolu à la voile, en équipage, en multicoque et sans escale. Après son échec du début d’année (47 jours, 14 heures et 47 minutes), et l’essai avorté du mois dernier pour cause de pot au noir un peu trop gluant, les Joyon, Surtel, Gahinet, Pella, Stamm et Audigane reprennent avec appétit une large rasade d’aventure, de navigation libre et débridée autour de la planète.

« Nous allons garder du vent jusqu’au pot au noir » Ce simple constat suffit pour l’heure au bonheur de Francis Joyon et de son équipage. Après un départ  pour le moins tumultueux à Ouessant hier matin, marqué par une grosse mer et une petite phase de transition déventée, IDEC SPORT a touché le vent de nord-est  attendu ; un souffle puissant, 30 noeuds et plus, venu bousculer une mer déjà mal rangée. « Il fallait éviter de casser » explique Francis. « Aller vite, mais en cherchant le compromis pour ne pas d’emblée solliciter le bateau. Nous y sommes parvenus au prix d’un « pad eye » cassé. Depuis, la mer s’est bien rangée et nous glissons de plus en plus confortablement. »

Une glisse payée au prix fort d’intenses efforts en milieu de nuit pour enchainer pas moins de 3 empannages dans ce flux un peu trop orienté en plein sur l’arrière du bateau. « Nous allons poursuivre ce petit jeu jusqu’aux Canaries » annonce Francis, « mais nous avons pu ainsi nous mettre rapidement dans le bain. » Il faut mentionner à ce point de l’aventure qu’IDEC SPORT a quelque peu modifié sa formidable équipe. Appelé sous d’autres cieux professionnels, l‘Allemand Boris Herrmann a laissé sa place à une figure majeure du Trophée Jules Verne, le double détenteur (Orange 2005 et Banque Populaire V 2012) Sébastien Audigane. « Seb s’est tout de suite mis dans le bain » atteste Francis. « On voit qu’il connait bien le bateau, et il nous régale de ses anecdotes sur ses précédents Jules Verne. » Audigane, membre à part entière du team monté par Franck Cammas à bord de ce même bateau en 2007, se déclarait dès les premiers bords agréablement surpris du bon comportement du bateau, mieux équilibré, plus léger selon ses dires.

Equipage parfaitement amariné, trimaran impeccablement calé sur un flux puissant… la nouvelle tentative d’IDEC SPORT autour du monde est lancée sous les meilleurs auspices, déjà sur les talons du tenant du titre Banque populaire V.

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