2 290 milles parcourus sur le fond, à 26,3 nœuds de moyenne ! Le maxi-trimaran IDEC SPORT tient à la perfection un carnet de route pourtant peu orthodoxe dans sa tentative contre le record du Trophée Jules Verne. La fenêtre météo décidée un peu au dernier moment dimanche soir, est en effet loin d’être idéale, avec ces premières heures chaotiques au cœur d’une dépression, et une connexion vers les alizés de sud-est problématique. Mais Francis Joyon, Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm, Gwénolé Gahinet et Boris Herrmann ont foi en leur étoile. Ils tirent le meilleur profit des conditions rencontrées et pouvaient à la mi-journée, constater avec satisfaction d’être revenus à la hauteur de leur concurrent virtuel, qu’ils devançaient d’une cinquantaine de milles. Passées les îles du Cap Vert, le vent, va baisser d’intensité.  La course poursuite pourra donc reprendre, avec comme prochain objectif l’Équateur.

Un mardi de folie

Avec près de 700 milles avalés en 24 heures, à plus de 29 nœuds de moyenne, le maxi- trimaran IDEC SPORT a montré hier une partie de son formidable potentiel, dans des conditions pourtant pas totalement favorables à la glisse, ainsi qu’en témoigne Francis : « J’ai barré comme un fou hier, 35 nœuds et plus. Mais on n’a pas encore  exploité tout le potentiel du bateau. Le vent était trop irrégulier en force comme en direction. C’était sportif. » Sportif au point de solliciter au maximum la vigilance et la concentration des hommes du bord : « Dans de telles conditions,  le bateau exige tant de concentration de la part du barreur qu’au bout de 30 mn, il faut passer la main. Il faut vraiment que les conditions soient faciles pour rester plus d’une demi-heure à la barre. » IDEC SPORT se montre en tous cas à la hauteur des attentes des fines lames du bord, avec son nouveau jeu de voiles particulièrement performant : « Le bateau nous semble plus rapide et toute la journée d’hier, sous Grand Voile haute et gennaker, on était 7 à 8% plus rapide que l’an passé. On a tiré les enseignements de notre tentative passée, et on essaie de faire mieux dans tous les domaines, jusqu’à l’avitaillement. » En avance sur le temps référence à la mi-journée, Francis Joyon et ses hommes s’attendent de nouveau à se retrouver en situation de chasseur. Une position assumée, conforme aux schémas météo du moment. La course contre la montre ne fait que commencer et Francis Joyon se projette déjà en Atlantique sud.

Passage express au Cap Vert.

Tout l’équipage se réjouissait aujourd’hui d’un intermède rare dans un tour du  monde, le passage de jour entre les îles, dans l’archipel enchanteur du Cap Vert. « On passe entre Santa Lucia et San Vicente. J’y étais passé en 2007, de nuit », se souvient Francis. Gwénolé Gahinet a lui, conservé intact ses souvenirs de sa Mini 6,50 en 2011 : « Mindelo fait un coude qui impose un double empannage, et nous allons passer tout droit, sans manœuvrer. On croise quelques bateaux de pêches, des cargos… J’aime les îles du Cap Vert. Cela change du bleu de la mer ».



Ainsi va le TEAM IDEC SPORT dans les temps du record, heureux d’être en mer et de renouer avec les réflexes et les complicités de l’an passé, confiant en sa capacité à relever les immenses défis à venir.

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