Deux mois après avoir bouclé son tour du monde en 47 jours, le maxi trimaran ultime IDEC SPORT s’apprête à faire son retour. Ce sera à l’occasion du Grand Prix Guyader, du 29 avril au 1er mai à Douarnenez. Francis Joyon embarquera à bord pour l’occasion des jeunes champions de planche à voile, de kitesurf et autres adeptes des petits bateaux volants. Voilà qui fera des heureux !

Francis, avant d’en venir à ce retour au Grand Prix, un petit mot sur le record de l’Océan Indien. Le WSSRC vient de l’officialiser à très exactement 7 jours (0 heure 0 minute)* !  C’est étonnant cette exactitude…
« (Rires) Beaucoup de gens m’ont posé cette question. En fait il y a une explication toute simple : notre temps réel, calculé avec le GPS du bord, était inférieur de 56 minutes, mais pour le WSSRC (Wordl Sailing Speed Record Council, l’organisme international qui gère et valide les records à la voile) ce sont les positions data – c’est à dire celles qui sont officiellement envoyées à terre – qui font foi. Et comme nous n’avions ces datas que toutes les heures pendant le tour du monde, le record tombait forcément à une heure ronde ! Bon, comme ça le record est très facile à mémoriser, mais pour la prochaine tentative on demandera des datas plus rapprochés, on ne sait jamais… »

Voilà un peu plus de deux mois que vous êtes rentrés du Trophée Jules Verne, ce tour du monde bouclé en 47 jours 14 heures et 47 minutes. Que s’est-il passé depuis pour IDEC SPORT… et pour toi ?
« D’abord on a pris quelques jours de vacances pour se reposer. Ensuite on a attaqué un premier chantier sans sortir le bateau de l’eau, avec Clément (Surtel) et mon fils Corentin. On a tout démonté : safrans, accastillage, prises de vérins de pilote, foils, cales de foils etc. Là nous sommes en train de tout remonter, avec dans l’idée de faire plus léger et plus performant encore. »

Quelles ont été les réparations à mener après le Trophée Jules Verne ?
«Nous avions le safran explosé bien sur, une petite entrée d’eau dans le flotteur tribord et l’état de surface des foils qui était vraiment très abimé. On est en attente de pièces également pour refaire le rail de mât. Il y avait quelques soucis encore au niveau des colonnes, des transmissions de winchs. Le reste c’est du grand classiques d’usure : drisses, cordages, roulements de poulies etc… plein de petites choses qui sont en fait des consommables. A part à ça, on travaille aussi à alléger le bateau. Par exemple on va supprimer les groupes électrogènes ce qui fait gagner 60 kilos d’un coup. Mais on grignote aussi un peu partout pour gagner du poids où on peut. »

Pourquoi avoir opté pour un chantier à flot, sans mettre le bateau à l’eau ?
« Il m’a paru plus judicieux d’imaginer le grand chantier avec sortie de l’eau pendant l’été, en aout et septembre prochains. Car sachant que nous sommes de toutes façons dehors sur un terre-plein, nous avons besoin de beau temps pour les peintures, antifoulings, l’éco-sondage de conque, etc… L’hiver, tous ces travaux sont plus difficiles à envisager.»

« Ce sera ludique ! »
Et donc IDEC SPORT va naviguer de nouveau fin avril, à l’occasion du Grand Prix Guyader…
« Oui, on y sera le premier week-end, vendredi samedi et dimanche, du 29 avril au 1er mai. J’ai eu un entretien avec les organisateurs car on a décidé d’inviter à bord le premier jour une dizaine de jeunes champions habitués des petits bateaux volants type Flying Phantom, mais aussi du kitesurf à foils ou de la planche à voir. J’ai pensé que ça pourrait être intéressant pour eux de voir comment ça se passe à bord d’un gros bateau… et les deux jours suivants, ils essaieront de nous battre à bord de leurs petits engins très rapides. Ce sera ludique ! »

Il y aura des membres de l’équipage du Trophée Jules Verne avec toi ?
« Oui, pour le moment il y a Clément (Surtel), probablement Alex (Pella), peut-être Gwénolé (Gahinet) s’il est libre. Nous aurons aussi avec nous notre voilier Quentin Ponroy. Ce sera sympa… J’ai déjà participé trois fois au Grand Prix avec mes bateaux précédents et à chaque fois c’est dans une ambiance festive et bon enfant. C’est un rendez-vous vraiment sympa. »

* Ce record de l’Indien est calculé entre le cap des Aiguilles (Afrique du Sud, 20°Est) et South East Cape en Tasmanie (146°49 Est). Il a été dévoré par l’équipage d’IDEC SPORT de Francis Joyon pendant sa tentative de record du Trophée Jules Verne entre 10h30 TU le 5 décembre 2015 et 10h30 TU le 12 décembre 2015. Soit très exactement 7 jours.
Pour mémoire, IDEC SPORT avait eu une trajectoire très sud (passage au sud des Kerguelen notamment), très tendue et ultra rapide ! En témoigne le grand écart avec le trimaran ultime Spindrift, lequel avait battu ce même record quelques heures plus tôt… mais en 32 heures et 45 minutes de plus qu’IDEC SPORT (8 jours 4 heures 45 minutes).

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