IDEC SPORT est aux Açores et file à 33 nœuds dans une mer formée. Le grand gennaker n’a été affalé que lorsque le vent a passé les 35 nœuds la nuit dernière ! Le scénario imaginé par Francis Joyon est clair : être à Brest le plus tôt possible vendredi et battre ainsi le record du bateau établi par Franck Cammas en 2010.

48 heures chrono. C’est un film à suspense et c’est aussi le timing du scénario qu’imaginent Francis, Bernard, Alex, Clément, Gwénolé et Boris pour en terminer avec leur formidable tour du monde. « Si on est à 100 % du potentiel du bateau, on peut même espérer couper la ligne vendredi midi. On verra bien si on y arrive » explique Francis Joyon ce mercredi midi.

La nuit dernière – et c’est encore valable en ce moment même – les marins d’IDEC SPORT n’ont pas molli. Ils n’ont affalé le grand gennaker (la plus grande des voiles d’avant du bateau) que lorsque le vent a passé les 35 nœuds ! « Nous avons alors mis en place le J1 qui est bien à partir de 30 nœuds. L’idée de notre montée en escalier est aussi de lui fournir du vent un peu plus fort et donc d’aller vite… » Il y a déjà quatre mètres de creux à proximité des Açores et cela va aller crescendo au fur et à mesure qu’IDEC remontera vers le Nord, dans le cœur des trains de dépressions qui déferlent sur l’Atlantique Nord.

Plutôt plein Nord

Un nouvel empannage est prévu en début d’après-midi au nord de l’archipel des Açores « et nous déciderons alors quelle route nous prendrons, sachant qu’il y a une possibilité en faisant cap plein Nord et une autre en allant plutôt vers le cap Finisterre », la pointe nord-ouest de l’Espagne. La route « espagnole » semble légèrement plus carrossable, mais elle présente un autre risque : après un passage de front cette nuit, elle peut entraîner ensuite quelques heures de vents plus faibles. « Et là, être pris dans des calmes avec une grosse houle et les voiles qui battent, ce serait très sollicitant pour le matériel » explique encore Joyon.

Il y a donc de grandes chances de voir IDEC SPORT pointer plutôt les étraves vers le nord (« pour l’instant, notre cœur balance plutôt pour cette option ») afin de traverser ce front le plus rapidement possible et limiter au maximum les vents plus faibles derrière. On n’y évitera cependant pas la mer mauvaise, les fortes rafales et la mer grosse. On jouera encore sur l’incidence du foil « pour franchir les vagues au mieux. Pour l’instant le bateau passe plutôt bien, ça va…» assure Francis.

Deux records à battre

DSC_9273Les enjeux ? En finir avec ce tour du monde à la fois en sécurité et à la fois le plus rapidement possible. Avec quelques accessits pas neutres à glaner au passage ! Par exemple le chrono établi par Franck Cammas et ses 9 hommes d’équipage en 2010 sur le même bateau, alors sous les couleurs de Groupama. Voilà cinq ans, ils avaient mis 48 jours, 7 heures et 45 minutes et glané le Trophée Jules Verne qui sera battu deux ans plus tard par le Banque Populaire V de Loïck Peyron. « Oui, c’est une motivation supplémentaire », admet en souriant Francis Joyon, « le Trophée nous échappe bien sûr, mais c’est aussi dans cette idée qu’on a gardé le grand gennaker aussi longtemps cette nuit ». Comme IDEC SPORT en est à 45 jours et demi à 15h ce mercredi après midi, c’est même jouable de gagner près d’une journée sur ce chrono. Enfin, pour l’anecdote il y a un autre record personnel à battre dans l’équipage : celui de Bernard Stamm qui était de l’équipage victorieux de Bruno Peyron en 2005 à bord du maxi catamaran Orange II (50 jours 16 heures). Francis Joyon en rigole : « ah oui c’est vrai, ça, Bernard était sur Orange ! Bon, et bien on va essayer de battre les deux… » Il reste 48 heures chrono et 1200 milles de gros temps pour mener à bien la mission.

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