Après 21 jours de mer et un océan Indien où les hommes de Francis Joyon ont battu tous les records, IDEC SPORT est déjà en approche de la Nouvelle-Zélande. Maintenant, il faut traverser le Pacifique… en espérant qu’il ne le soit pas trop.

 

Boris Herrmann avait donc raison. Derrière la visière du casque qui le protège des embruns incessants, le bateau lancé à 40 nœuds, le marin allemand déclarait hier dans une vidéo envoyée depuis IDEC SPORT : « c’est quand même incroyable, on va faire toute l’Australie et la Nouvelle-Zélande en deux jours et demi ! » Une prévision qui s’avère rigoureusement exacte : ce dimanche matin, IDEC SPORT n’est plus qu’à 160 milles de l’aplomb de la Nouvelle-Zélande. Records Aiguilles/Leeuwin (Afrique du Sud-Australie) et Aiguilles/Tasmanie (océan Indien en totalité) en poche, l’équipage de Francis Joyon est légèrement moins rapide depuis minuit et ses premières dizaines de milles dans l’océan Pacifique. C’est très relatif car on est toujours au-dessus des 30 nœuds. Simplement, après trois journées incroyables à 800 milles parcourus, le rythme est désormais plutôt autour des 750 milles… soit près de 1400 kilomètres terriens tout de même !

 

« Chaque minute compte »

 

Ce dimanche, on constate aussi que le retard sur le tenant du titre Banque Populaire est de 200 milles, alors que la longitude d’IDEC SPORT (161°49 Est) est pourtant plus à l’Est que celle de son adversaire virtuel (160°24). C’est normal. Car au même DSC_9163moment l’équipage de Loïck Peyron naviguait pile sur la route directe, 450 milles plus au Sud qu’IDEC SPORT. On vous épargne la démonstration sur la rotondité de la terre : les distances sont calculées en termes de distance au but et pour arriver au lointain cap Horn (environ 4000 milles), plus on navigue proche de l’Antarctique et plus on raccourcit la route. Seulement, la route idéale ne peut être suivie que dans les livres et en mer on doit composer avec la météo. IDEC SPORT n’a pas d’autre choix ce matin qu’incurver sa route vers le nord-est, car le vent est trop faible pour lui dans son sud. Surtout, il faut anticiper une situation météorologique peu claire sur le Pacifique pour le moment, avec peut-être une zone de calmes qui pourrait barrer la route dans quelques jours. Francis Joyon expliquait hier qu’il y avait une possibilité de devoir soit remonter vers le nord… soit naviguer très bas dans le sud (et sans doute trop).

 

Voilà où nous en sommes ce matin, en entamant le 22e jour de mer. Devant les étraves du grand trimaran rouge, un autre passage très symbolique se profile : celui du passage à l’Ouest. Dans peu ou prou une journée de mer, IDEC SPORT franchira l’antiméridien. Les hommes de Francis Joyon retrouveront alors les longitudes Ouest qu’ils ne quitteront plus jusqu’à l’arrivée. Il leur reste 24 jours pour rentrer à la maison dans les temps de l’exploit. Tous seront déterminants. « Chaque minute compte » disait hier Francis à la télévision. Vu le tempo du bord, visiblement le message est reçu cinq sur cinq.

 

 

En bref.-

 

. Dans l’histoire du Trophée Jules Verne, seuls quatre équipages ont mis moins de 9 jours à traverser la totalité de l’océan Indien, entre le cap des Aiguilles (Afrique du Sud) et la cap du Sud-Est (Tasmanie) : les deux derniers lauréats en 2012 et 2010 et les deux en route en ce moment-même, Spindrift et IDEC SPORT. Parmi eux, seul IDEC SPORT a mis moins de 7 jours.

 

. Les cinq derniers chronos de l’Indien (*)

 

IDEC SPORT / Francis Joyon : 6 jours 23 heures 04 minutes le 12 décembre 2015

SPINDRIFT / Yann Guichard : 8 jours 04 heures 35 minutes le 12 décembre 2015

BANQUE POPULAIRE V / Loïck Peyron : 8 jours 07 heures 22 minutes le 12 décembre 2011

GROUPAMA 3 / Franck Cammas : 8 jours 17 heures 39 minutes le 25 février 2010

ORANGE II / Bruno Peyron : 9 jours 11 heures 04 minutes le 17 février 2005

 

(*) Tous ces records s’entendent évidemment en équipage. Mais pour l’anecdote on notera que le sixième chrono sur ce tronçon appartient à un marin solitaire : un certain Francis Joyon. Pendant son record solitaire autour du monde, il avait avalé l’océan Indien en 9 jours 12 heures 03 minutes (18 décembre 2007). Soit seulement une heure de plus que l’équipage de Bruno Peyron !

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