Ils foncent ! Et ce n’est pas un requin coincé dans le safran qui leur fera perdre plus de quelques minutes. Emmenés par un Francis Joyon des grands jours, les six marins d’IDEC SPORT sont au top. Encore 100 milles de gagnés en 24 heures.

« En Mini 6.50, pour venir au Cap Vert il me faut treize ou quatorze jours. Là on y est en trois jours et demi ! » D’une phrase, Gwénolé Gahinet résume bien l’extraordinaire performance qu’est en train de réaliser l’équipage d’IDEC SPORT. Ce mercredi après-midi, la bande de Francis Joyon a encore mis 100 milles de plus dans sa tirelire : 170 milles d’avance hier… et 270 milles aujourd’hui à la même heure ! Ce tempo très rock’n’roll – qu’on peut convertir en une dizaine d’heures d’avance sur le chrono à battre – a toutefois été perturbé par un incident de mer relativement inhabituel ce matin.

Un requin dans le safran !
« J’étais à la barre et d’un seul coup j’ai senti qu’elle ne répondait pas bien » explique l’Allemand Boris Herrmann, « Bernard est allé voir, nous avions un requin coincé dans le safran central !» L’épisode prête à sourire, mais il a tout de même ralenti IDEC SPORT pendant de longues minutes car il a fallu s’arrêter face au vent rouler les voiles, dégager le squale, puis renvoyer de la toile pour repartir. «Nous avons vérifié les appendices ensuite » rassure Francis Joyon, mais tout va bien, j’espère que nous n’avons pas fait mal au requin mais lui en tous cas n’a pas fait mal au bateau. On a tout vérifié et il n’y a pas de souci, ça s’est bien passé ». D’autres soucis techniques ? « Bah, on a juste cassé un réchaud à gaz » répond Clément Surtel, qui a participé à la première visio conférence en direct ce matin (RV tous les mercredi à 11h00 sur le site Internet)… comme tous les autres marins du bord, visiblement ravis de partager leur bonheur d’être en mer !

First aerial images of IDEC SPORT maxi trimaran, skipper Francis Joyon and his crew, training off Belle-Ile, Brittany, on october 19, 2015 - Photo Jean Marie Liot / DPPI / IDEC

Joyon : « tout le monde a la banane»
A part ça ? « Et bien là on est à 30/32 nœuds sur la route directe et on espère que ça va continuer le plus longtemps possible » dit un Francis Joyon plus que satisfait de suivre une trajectoire aussi rectiligne, rapide et économe en milles par rapport à la route directe. « Sur mon tour du monde de 2007, j’avais eu une trajectoire assez propre aussi, mais celle-ci est encore plus rapide. On est complètement dans les temps du record, on a même de l’avance, c’est sympa, ça met la banane à tout le monde ! Malgré la fatigue, on est vraiment contents d’être là. Et avec les gars tout va bien, l’ambiance est très bonne. Il faut leur poser la question à eux, mais pour l’instant ils ne m’ont pas jeté par dessus-bord…. »
On n’en trouvera évidemment pas un seul pour contredire Francis. « On arrive ici dans un temps incroyable, dans des températures tropicales, c’est très bon » souligne Boris Herrmann avant de repréciser l’organisation du bord : Francis hors quart et les cinq autres qui se relaient toutes les heures et demie, de manière à pouvoir s’accorder des temps de repos de trois heures consécutives. « J’ai du mal à réaliser qu’on  part pour 45 jours, les deux premiers étaient très impressionnants, ça tapait et ça vibrait beaucoup, c’est assez incroyable sur des bateaux de cette taille. On se fait bien plaisir à barrer le bateau, on profite aussi de paysages et de nuits magnifiques » raconte encore « Guéno » Gahinet.
Tous sans exception racontent leur bonheur d’être là, à fond, cherchant à exploiter au mieux le potentiel du grand trimaran rouge tout en appréciant l’immensité atlantique. Rigolard, le catalan Alex Pella demande qu’on lui envoie les résultats du grand Barça, le Football Club de Barcelone, et assure : « tout se passe super bien, on fait une très belle descente, avec des très belles conditions. Voilà. C’est un bonheur ! » Tout est dit, ou presque. On allait en oublier le premier chrono intermédiaire à l’équateur dont le temps de référence est de 5 jours et 15 heures. Il sera pulvérisé. A 14h30, IDEC SPORT n’était plus qu’à environ 800 milles de l’hémisphère sud. En trois jours et demi et à une moyenne de vitesse permettant d’avaler 725 milles par 24 heures. On vous laisse sortir la calculette.

 

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