Treize heures après le top départ nocturne à Ouessant, le trimaran ultime IDEC SPORT de Francis Joyon et ses cinq hommes d’équipage est en approche du cap Finisterre, la pointe nord-ouest de l’Espagne. Ils ont très nettement accéléré depuis ce matin.Un temps canon à l’équateur est plus que jamais d’actualité.

Le vent de secteur nord-ouest a de nouveau forci sur le golfe de Gascogne et, comme on l’espérait tôt ce matin, IDEC SPORT allonge la foulée depuis le milieu de matinée. A 14h ce dimanche 22 novembre – soit onze heures après avoir déclenché le chrono (à 3h 02 minutes et 22 secondes heure française la nuit dernière) – le commando d’IDEC SPORT est déjà en approche de l’Espagne, à hauteur de La Corogne. Pour qui connaît un tant soit peu la voile, cela donne au passage une idée des extraordinaires capacités de ces grands bateaux à trois coques, capables de traverser le golfe de Gascogne en une demi-journée. Il est d’ailleurs toujours d’actualité d’atteindre l’équateur en moins de 5 jours et demi, sachant que le record de ce chrono intermédiaire est détenu par Loïck Peyron et ses hommes, en 5 jours et un peu moins de 15 heures.

Marcel Van Triest : « idéal sur l’Atlantique Nord »

Le routeur Marcel Van Triest confirme à 16h cet après-midi : « même si la mer de travers ne permet pas d’aller très, très vite, on ne va pas se plaindre ! On fait le golfe de Gascogne sur un seul bord et on ne fera probablement qu’un seul empannage d’ici l’équateur ! » Pour lui, il y a possibilité de gagner une quinzaine d’heures sur ce premier temps intermédiaire. Donc basculer dans l’hémisphère sud en peu ou prou 5 jours! L’enchaînement ensuite ? « Disons qu’il y a 75% de chances de faire un temps correct au Cap et 35% de chances de faire mieux que Banque Populaire (le tenant du record, ndr) qui avait été très rapide sur ce tronçon équateur-Bonne Espérance. » En outre, « dès demain soir, les gars seront contents car il commencera à faire chaud, ce qui les changera des températures très froides de ce début de record. A 30 milles par heure en route directe, tu gagnes vite des degrés bienvenus. Honnêtement, sur l’Atlantique Nord cette fenêtre est très stable et quasi idéale.  »

Francis Joyon est ses hommes, eux, n’ont pu être joints aujourd’hui et c’est tout à fait compréhensible : dans le rush qui accompagne ce genre de départ pour un record aussi prestigieux que le Trophée Jules Verne, les marins doivent prendre leurs marques et ont souvent plus urgent à faire que satisfaire aux impératifs de communication. Surtout quand on s’est fait cueillir à froid par une mer désordonnée… avant même le passage de la ligne de départ.

30 nœuds de moyenne

Mer dure mise à part, tout se déroule bien maintenant pour les hommes d’IDEC SPORT, calés légèrement dans l’est de la route directe. Après une entame prudente, en partie liée au fait que le vent était relativement faible lors des trois premières heures de cette tentative et en partie au fait que dans une mer démontée l’objectif numéro un était de garder le bateau intact – IDEC SPORT a mis le pied sur l’accélérateur, aidé en cela par le vent de nord-ouest qui tourne nord/nord-est en se renforçant. Ainsi, depuis 9h ce matin, les vitesses moyennes constatées sont de l’ordre de 30 nœuds – voire un peu plus – contre 15 à 25 dans les toutes premières heures après le franchissement de la ligne. Mathématiquement, le léger retard sur le chrono de référence a été considérablement réduit, passant d’une quarantaine de milles ce matin à 9h à 15 milles sept heures plus tard. Un jeu égal dans la nuit n’est pas à exclure et à ce stade du tout début de record, ce très léger retard est de toutes façons anecdotique. En outre, on constate que 336 milles nautiques ont tout de même été couverts lors des treize premières heures de cette tentative !

Pour le moment, IDEC SPORT a donc parfaitement réussi à éviter les pièges du golfe de Gascogne. Le premier contrat est rempli, au prix de jolis sauts de mouton dans une mer croisée. A bord, chacun prend ses marques et les six marins sont concentrés sur leur sujet, à savoir : ne pas casser / aller vite mais sans prise de risques inutiles / glisser dans le vent portant pour signer si possible un chrono spectaculaire à l’équateur / réussir à enchaîner dans l’Atlantique Sud. Jusqu’ici c’est parfait !

En bref

. IDEC SPORT a déclenché le chrono à 3h02’22’’ heure française (2h02 TU) ce dimanche 22 novembre 2015.
. Chrono à battre
Loïck Peyron et son équipage (Banque Populaire) en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes.
. Dead Line
Pour battre ce record du Trophée Jules Verne, IDEC SPORT doit être de retour sur la ligne avant le mercredi 6 janvier 2016 à 15h44 TU.
. Equipage
L’équipage international d’IDEC SPORT est composé de seulement six hommes : Francis Joyon (FRA), Bernard Stamm (SUI), Gwénolé Gahinet (FRA), Alex Pella (ESP), Clément Surtel (FRA) et Boris Herrmann (GER)

  • en
ut quis consectetur felis nunc ut Lorem tristique eleifend sem, risus odio

Send this to a friend