En passant la ligne d’arrivée de Pointe-à-Pitre à 18 heure 42 minutes et 4 secondes (heure française) ce mardi 11 novembre, Francis Joyon a pris la 6e place de cette Route du Rhum 2014, devançant in extremis Yann Elies dans un final à suspense autour de l’île papillon. Le temps de course d’IDEC SPORT est de 9 jours, 4 heures 42 minutes et 4 secondes. Sa vitesse moyenne sur l’eau est de 21,13 nœuds, sur une distance réelle parcourue de 4664 milles (*). En grand seigneur, Francis relativise sa déception sportive et rend hommage au vainqueur, Loïck Peyron. Interview.

Francis, ton premier sentiment ?
« Mon père me disait toujours qu’il fallait être soit premier soit dernier ! (rires). Bon, je ne suis pas vraiment habitué à ramasser les bouées, mais c’est la loi du sport et il faut savoir l’accepter. Pour qu’il y ait de beaux vainqueurs, il faut aussi qu’il y ait de bons perdants ! J’ai effectué ma pénalité de deux heures hier soir et Yann (Eliès) est revenu, puis j’ai réussi à repasser dans le final mais c’est anecdotique. Ceci dit, je suis plutôt content d’arriver de jour, parce que je sais que la nuit les dévents de la Guadeloupe peuvent être assez embêtants : une fois j’ai mis plus de douze heures à faire le tour donc je me méfiais ! »

Un petit bilan à chaud ?
« Le sport, c’est aussi savoir perdre. Bien sur comme tout le monde je préfère gagner, mais ça ne peut pas être le cas à chaque fois. J’ai eu beaucoup de petits soucis techniques qui m’ont vraiment handicapé, entre autres avec mon informatique et avec mes safrans abimés au large du Portugal. Le bateau était très difficile à barrer… il y a tout de même un trou dans le flotteur qui entraine une gerbe d’eau. Surtout, je pense que j’ai passé beaucoup de temps à tenter d’avancer malgré tous ces petits pépins, mais du coup j’avais moins de temps pour faire de la météo et bien étudier ma route. C’est une somme de petites choses comme ça qui font que cette fois-ci je n’ai pas pu jouer réellement avec les bateaux de devant. C’était un peu frustrant, forcément.»
« Bravo, bravo, bravo Loïck ! »
Que penses-tu de la victoire et du nouveau record de Loïck Peyron ?
« Tout s’est passé comme sur des roulettes pour lui, il a parfaitement bien navigué et il a une grande expérience. Cela fait des années que je le cotoie et on sait tous que c’est un marin de très haut niveau. Il n’y a pas grand chose à dire d’autre, à part qu’il a réalisé une course parfaite avec son bateau. En un mot, j’ai juste à dire bravo, bravo, bravo Loïck ! »

Et maintenant, quel est ton programme ?
« Récupérer un peu ici en Guadeloupe puis très vite remettre le bateau en état, faire toutes les réparations. Je pense que je ferai moi-même le convoyage retour pour rentrer en Bretagne. Je vois bien les choses comme ça parce que la traversée a été un peu frustrante et j’ai besoin de retrouver quelques bonnes sensations de barre… en clair de me réconcilier un peu avec le bateau (rires) !

(*) Sur la route théorique de 3 542 mille, la vitesse moyenne d’IDEC SPORT a été de 16,05 nœuds.

 

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