Dans tout juste deux mois, le 2 novembre à Saint-Malo, Francis Joyon prendra le départ de sa sixième Route du Rhum. Peu de marins peuvent se prévaloir d’un tel palmarès. Le skipper du maxi trimaran IDEC SPORT retrace la longue histoire qui le lie à la plus prestigieuse des transatlantiques en solitaire.

1990 (10e place) : « Mes véritables débuts dans la course au large »

« J’arrive à Saint-Malo à bord d’un trimaran construit de mes propres mains avec du matériel récupéré ici et là. Le règlement limite la taille des bateaux à 60 pieds (18,28m) avec une dérogation à 20,80m pour les plus anciens. Les organisateurs changent d’avis à la dernière minute en annulant cette règle d’exception. Sans hésiter, je prends ma scie sauteuse pour couper une partie des flotteurs. Suite à cette modification, on m’impose un nouveau parcours de qualification. Je dois virer Ouessant et revenir à Saint-Malo. Je pars dans un coup de vent et je subis beaucoup de casse. Autant dire que je ne suis pas dans des conditions optimales le jour du départ. Malgré une météo délicate et d’innombrables petits soucis techniques, je parviens à rallier Pointe-à-Pitre à la dixième place. Je garde de très bons souvenirs de ma première Route du Rhum, qui a vraiment marqué mes débuts dans la course au large. »

1994 (abandon) : Fin de l’aventure aux Açores

« Je m’élance à bord d’un 60 pieds ORMA dont la plateforme est flambant neuve. Mais par manque de temps, je n’ai pas le temps de fiabiliser le gréement. Je casse un safran dès le départ et les avaries se multiplient. Mon pied de mât explose et je n’ai d’autre choix que de m’arrêter aux Açores pour réparer, avant de rentrer en France. La déception est grande, bien entendu, mais je me sais chanceux de ne pas avoir démâté. »

1998 (6e place) : Une route trop longue…

« Je repars avec le même trimaran qu’en 1994, cette fois arrivé à maturité. Je suis dans le coup lorsque deux grandes options stratégiques se dessinent. Je choisi une route au sud, qui rallonge considérablement le parcours, en espérant toucher plus vite les alizés. Je comprends rapidement que les partisans du nord remporteront la mise. Mais une fois engagé, je dois assumer mon option jusqu’au bout. Je termine à la sixième place. »

2002 (abandon) : Victime de l’hécatombe

« Pour la troisième fois d’affilée, je pars avec mon trimaran ORMA. Le projet est financé par le département de l’Eure-et-Loir et un pool d’entreprises, dont le Groupe IDEC. C’est d’ailleurs lors de cette course que commence l’aventure avec Patrice Lafargue (président du Groupe IDEC). Dès le départ, les conditions sont dantesques et la flotte subit une hécatombe. Sur les 18 multicoques au départ, seulement trois terminent la course. De mon côté, pris dans 50 à 60 nœuds de vent, je chavire au bout de deux jours, à environ 700 milles au large de la Bretagne. Je passe cinq jours dans le bateau retourné en attendant que s’organise le rapatriement vers la France. » 

2010 (2e place) : Dauphin de l’intouchable Cammas

« Les conditions sont cette fois plutôt clémentes, avec beaucoup de portant et peu de transitions. Franck Cammas, engagé à bord du plus grand bateau de la flotte, prend rapidement les devants et je comprends qu’il sera difficile, voire impossible, de lui tenir tête. Je joue donc la deuxième place face à Thomas Coville. Je parviens finalement à le devancer et j’arrive en Guadeloupe très content de cette deuxième place décrochée de haute lutte. »

2014 : En route vers une sixième participation

« Habituellement, faire la même chose à de multiples reprises ne m’intéresse pas tellement. Mais la Route du Rhum fait figure d’exception. Les conditions météo et la concurrence changent toujours, le challenge est à chaque fois passionnant. Il me manque simplement la victoire. J’ai terminé deuxième il y a quatre ans. Si je respecte une logique de progression, je dois viser la victoire. La concurrence est très élevée mais je garde ma petite chance. »

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