Via quelques empannages bien sentis, Francis Joyon a parfaitement négocié la traversé du golfe de Gascogne, première difficulté de cette toute nouvelle Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio de Janeiro (Brésil).

« Je navigue sous petit gennaker avec deux ris dans la grand voile… en clair je suis obligé de calmer un peu le jeu parce que ce mercredi midi, je navigue dans 35 nœuds de vent. C’est donc un peu sportif : avec plus de toile, le bateau faisait un peu trop le fou ! » Langage imagé, pointe d’humour et bonne voix du marin conscient d’avoir intelligemment contourné la première difficulté de son parcours transatlantique… au téléphone satellite, Joyon est d’humeur sereine, mais on le sent attentif aux moindres signes d’emballement de son maxi trimaran. En solitaire et sur trois coques, il n’est jamais anodin de s’élancer dans un périple transatlantique.
Partis hier mardi en fin d’après-midi de Bordeaux pour établir le premier temps de référence de la Route de l’Amitié entre Bordeaux et Rio de Janeiro (Brésil), Francis Joyon et son maxi trimaran IDEC sont déjà 330 milles plus à l’ouest, en train de négocier le contournement de la pointe nord-ouest de la péninsule ibérique. Oublié donc le petit temps du départ un peu faiblard et quelques heures à des vitesses modestes pour lui, de l’ordre de 10 à 15 noeuds. Via trois empannages « en aile de mouette » parfaitement négociés dans le sud du golfe de Gascogne – tout près des plages espagnoles –  IDEC file au vent portant à des vitesses supérieures à 20 nœuds.

Via le sud des Açores ?

« Je prends le rythme tranquillement » explique Francis, « j’avais appelé Jean-Yves Bernot (son routeur habituel, ndr) avant le départ et nous avions vu ensemble qu’il était préférable de partir avant le 18 avril sous peine de se faire enfermer plus tard par des systèmes météo générant des vents faibles. Le timing est honnête : sans être idéale, cette fenêtre est acceptable pour bien avancer sur la route. »
L’avenir immédiat ? Après s’être extirpé des côtes espagnoles, le jeu consistera bien anticiper à bien négocier une petite zone dépressionnaire entrainant des vents faibles (la même qui préoccupe les concurrents de la Transat AG2R en ce moment). Francis Joyon explique : «  il me faudra probablement la contourner par le nord-ouest, c’est à dire prendre une trajectoire assez inhabituelle qui m’emmènerait relativement proche du sud des Açores ».  
A 14h, une quinzaine de milles à la verticale de La Corogne, Francis Joyon déclenchait un nouvel empannage, manière de « serrer le vent » de secteur Est et conserver de l’angle pour maintenir une vitesse de l’ordre de 20 nœuds. Devant les étraves du grand trimaran rouge, il restait alors la bagatelle de 4472 milles à couvrir. Soit un peu plus de 8200 kilomètres en langage terrien. L’aventure au profit de l’ICM ne fait que commencer…

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