« La magie de ces grands multicoques, c’est qu’on peut tout leur demander ; 25, 30 ou 35 noeuds…. » La phrase sonne dans la bouche de Francis Joyon comme une implacable banalité. Elle masque un peu plus de 4 jours d’un combat titanesque au coeur d’une dépression très creuse, à bord d’un multicoque aux allures de cheval emballé. Elle n’explique pas le pari fou de partir en record sur une route considérablement rallongée par rapport à la trajectoire référence de Thomas Coville. Et elle ne raconte surtout pas la tension, le danger permanent, la prise de risque encourue à pousser durant si longtemps, sans interruption, un maxi-trimaran au maximum de ses possibilités. C’est pourtant bien à ce prix que Francis Joyon, en retard durant plus de la moitié du parcours, est revenu aujourd’hui à hauteur du tracé de son adversaire virtuel, qu’il va dépasser impitoyablement et laisser loin dans son sillage. « Je n’étais pas tout à fait dans les conditions de mon record des 24 heures » poursuit Francis, car cette nuit, j’ai dormi 3 heures! Il est vrai que je vis depuis le départ de New York dans une tension rarement atteinte. »« La dépression me dépasse doucement » poursuit Francis, requinqué par le luxe inouï d’une sieste de 3 heures cette nuit, sans que la vitesse de son trimaran IDEC n’ait eu à en pâtir le moins du monde. « Le vent va refuser à l’approche des îles Britanniques, c’est à dire tourner de l’arrière du trimaran au côté. Ce sera moins bien pour la vitesse » explique comme en s’excusant Francis, « mais cela devrait nous permettre d’en terminer demain après-midi ». Reste à affiner cette prévision. Les projections informatiques enrichies des données les plus récentes, le voient pointer ses étraves sous le cap Lizard demain dimanche entre 17 et 18 heures françaises. Le gain sur le record actuel se situerait alors entre 12 et 13 heures! Point de grandes manoeuvres en vue durant les derniers 600 milles et quelques à parcourir. « La dépression a pris juste la bonne direction pour m’épargner un nouvel empannage. » Sous grand voile haute et trinquette, Francis devra seulement envoyer le génois dès que le vent tournera sur sa gauche. Loin de triompher alors qu’il aborde seulement le plateau continental et que les signes avant coureurs de la proximité des côtes sont encore très diffus, Francis Joyon pousse son degré de vigilance au maximum, attentif à l’usure du bateau, et plus que jamais en phase avec l’évolution de son grand trimaran rouge sur la crête des vagues.

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