Francis Joyon entre dans le vif du sujet. A partir de ce jeudi 16 mai, en collaboration avec son fidèle routeur Jean-Yves Bernot, le pilote du maxi-trimaran IDEC est à l’affût de la météo. Objectif : trouver la bonne dépression – ou celle qui se renforcerait idéalement au large de l’embouchure du Saint Laurent – pour avaler l’Atlantique Nord d’une traite en moins de 5 jours 19 heures et 29 minutes. Soit tenir 21 noeuds de moyenne… Des chiffres qui peuvent apparaitre surréalistes au commun des mortels de la voile. Mais Francis Joyon n’est pas tout à fait monsieur tout le monde… et le maxi-trimaran IDEC n’est pas tout à fait n’importe quel bateau. Heureusement d’ailleurs, car en solitaire l’exercice est réellement réservé à une élite. On se souvient qu’Ellen MacArthur en personne avait échoué de peu, mais surtout que seulement cinq marins ont réussi à améliorer en solitaire cet exercice inventé par Bruno Peyron en 1987. Viendront ensuite Florence Arthaud, à nouveau Bruno Peyron puis Laurent Bourgnon et, déjà, Francis Joyon. C’était en 2005, à bord du premier trimaran IDEC (6 jours et 4 heures). En 2008, Thomas Coville améliorera ce record avec un chrono toujours en cours à 5 jours 19 heures et 29 minutes, donc. »Ce n’est pas un record facile » prévient Francis Joyon. « Pour tenir des moyennes aussi élevées, il faut à la fois avoir une bonne météo et être à fond tout le temps, sans aucune baisse de régime ». Voilà bien toute la difficulté en termes mathématiques… car en termes maritimes, il faudra aussi composer avec les brumes légendaires, les animaux marins, le trafic… et peut-être l’habituel essoufflement du vent lorsqu’on arrive à proximité des rivages anglais.Pour Francis Joyon et IDEC, le challenge est de taille. S’il réussissait dans cette entreprise, Joyon deviendrait le seul marin au monde dépositaire d’un Grand Chelem absolu des records ! Le skipper d’IDEC est en effet déjà le lauréat des trois autres grands chronos : le tour du monde en solitaire, le record des 24 heures et le record de la Route de la Découverte. Ce serait une belle revanche aussi sur sa tentative avortée de 2011, quand IDEC avait chaviré au départ de New York. Une péripétie qui illustre en creux toute la difficulté qu’on peut avoir à maîtriser ce genre de formidable machine à fabriquer du vent… mais aussi quelques sueurs froides à qui ose les piloter en solo. Oui, l’Atlantique Nord est un record engagé, comme on dit dans les gazettes. Ce n’est pas pour déplaire à Monsieur Joyon qui aime se frotter aux limites sans l’air d’y toucher et tout en donnant l’impression qu’il fait juste un métier normal de marin normal. Ces deux derniers points sont discutables.1987 : Bruno Peyron, 11 jours, 11 heures 46 minutes et 36 secondes1990 : Florence Arthaud 9 jours, 21heures et 42 minutes1992 : Bruno Peyron, 9 jours, 19 heures et 22 minutes1994 : Laurent Bourgnon, 7 jours, 2 heures, 34 minutes et 42 secondes2005 : Francis Joyon, 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes2008 : Thomas Coville, 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes

Lorem et, efficitur. mattis libero ut tristique Donec elementum massa commodo Curabitur

Send this to a friend