A bord de son maxi trimaran IDEC désormais doté de foils – donc encore plus rapide – Francis Joyon affiche déjà un palmarès monstrueux : il réussi le tour du monde seul en 57 jours. Toujours en solitaire, il a parcouru l’été dernier 668 milles nautiques (1237 km) en une seule journée, hissant ainsi le record des 24 heures à l’époustouflante moyenne horaire de 27,83 noeuds. Enfin, tout récemment, il a pulvérisé son propre record de la Route de la Découverte (Cadix-San Salvador), en l’abaissant de plus d’une journée avec un chrono de 8 jours, 16 heures, 7 minutes et 5 secondes.Que manque-t-il donc à Francis Joyon et à son trimaran de 29 mètres ? Le chrono sur l’Atlantique Nord, uniquement. Dans l’univers des chasseurs de records, qu’ils soient en équipage ou en solitaire, quatre grands records forment le Grand Chelem absolu, les plus prestigieux dans l’ordre étant le tour du monde, l’Atlantique, les 24 heures et la Route de la Découverte. Francis Joyon a donc l’opportunité cette année de devenir le seul marin au monde à détenir en même temps ces quatre chronos mythiques. Ni Ellen Mac Arthur, ni Thomas Coville – ses deux plus grands concurrents sur ces exercices – n’ont vu un jour cette possibilité devant leurs étraves.Mais cette quête inouïe ne deviendra réalité que si le pilote d’IDEC parvient à battre ce fameux record entre New-York et le Cap Lizard. Un défi très impressionnant quand on sait que l’actuel chrono – détenu par Thomas Coville à bord de Sodebo – est de 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes. Soit près de 21 noeuds de moyenne sur la route directe longue de 2980 milles nautiques… donc sans compter les distances supplémentaires à avaler pour suivre les trains de dépressions qui circulent dans le haut des cartes marines et sur lesquelles il faut surfer à toute vitesse pour espérer une issue favorable.Francis Joyon marchera dans les pas de marins de légende : Charlie Barr qui avait inauguré l’exercice en 1905 à bord de sa célèbre goélette Atlantic (12 jours, avec 50 hommes d’équipage !) ; Eric Tabarly qui, 80 ans plus tard, était descendu à 10 jours à bord du trimaran Paul Ricard. Puis, ce seront les équipages de Marc Pajot (Elf Aquitaine), Patrick Morvan (Jet Services 2), Loïc Caradec (Royale 2) Philippe Poupon (Fleury Michon VIII), Serge Madec (Jet Services V), Steve Fossett (Playstation), Bruno Peyron (Orange II) et plus près de nous Franck Cammas (Groupama 3) et Pascal Bidégorry (Banque Populaire V), qui viendront chaque fois, en équipage, gagner quelques heures, quelques jours sur ce parcours légendaire.En solitaire, Bruno Peyron (Explorer en 1987 et 1992), Florence Arthaud (Pierre Premier), Laurent Bourgnon (Primagaz, 7 jours en 1994) sont passés par là eux aussi… et déjà Francis Joyon, qui avait battu ce record une première fois en 2005 à bord du premier trimaran IDEC (6 jours et 4 heures), avant que Thomas Coville, trois ans plus tard, ne descende sous les 6 jours.Ce parcours à lui seul, sur la route des grands Liners transatlantiques, est un mythe chargé d’histoire, d’imagerie marine, de légendes. Celles de Nantucket et des Grands Bancs, des abords de Terre-Neuve, des tempêtes et des brumes mystérieuses. Le grand trimaran rouge attend sagement son heure et une fenêtre météo favorable. C’est possible à partir de début mai. Comme dit Joyon : « Il n’y a pas de limite aux rêves ».1987 : Bruno Peyron, catamaran Explorer, en 11 jours,11 heures 46 minutes et 36 secondes1990 : Florence Arthaud, trimaran Pierre 1er, en 9 jours, 21 heures et 42 minutes1992 : Bruno Peyron, catamaran Explorer, en 9 jours, 19 heures et 22 minutes1994 : Laurent Bourgnon, trimaran Primagaz, en 7 jours, 2 heures, 34 minutes et 42 secondes2005 : Francis Joyon, trimaran IDEC 1, en 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes2008 : Thomas Coville, trimaran Sodebo, en 5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes

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