Dans l’ordre d’apparition des difficultés à gérer figure en tête d’affiche cette vaste zone anticyclonique sous laquelle tente de se glisser Francis, puis une forte houle venue du nord et levée par le gros coup de vent qui vient se secouer la côte est des Etats-Unis, et enfin, le cumul bien naturel de fatigue qui entame pernicieusement un marin vivant depuis une semaine déjà au rythme d’une course transatlantique en solitaire. Francis Joyon n’en demeure pas moins totalement concentré sur la difficile gestion des derniers 600 milles à parcourir. S’il se voit bien arriver vendredi prochain, il se refuse à avancer encore l’heure précis de passage de ligne. »300 milles! ah c’est pas mal! » A l’annonce des chiffres de son avance du matin, Francis Joyon manifeste une surprise teintée de satisfaction. S’il se penche volontiers sur l’évolution de ses fichiers météo, il ne jette encore qu’un regard de circonstance aux évolutions de son avance sur son propre record de 2008. Il sait sa traversée de l’Atlantique marquée pour l’instant du sceau de la performance. Reste le plus compliqué, conclure et terminer le travail, au moment où se conjugue nombre d’éléments contradictoires.  » Je suis aux prises avec l’anticyclone » explique t’il de sa voix claire et posée. « J’ai tenté hier, en naviguant plusieurs heures à 90° de la route, de me glisser sous les calmes, mais plus on se rapproche du but, et moins il devient aisé d’y échapper. « La grande « langue » de hautes pressions qui s’étend entre son maxi-trimaran rouge et l’arrivée à San Salvador, aux Bahamas, doit être traversée. « J’ai encore 8 à 10 noeuds de vent, qui me permettent de marcher à 15 – 16 noeuds » poursuit Francis. « Moins de vent, et je n’aurai plus du tout de quoi empanner…. »Francis se refuse donc à jouer avec le feu en demeurant trop longtemps sur une route directe néfaste à la vitesse, et que menacent les calmes de la dorsale. Il va de nouveau empanner, et quitte à suivre un cap moins gratifiant en terme de rapprochement vers le but, conserver dans ses voiles un minimum de pression nécessaire pour demeurer maître de son destin. « Je préfère « tricoter » aujourd’hui dans du vent faible, et attendre la petite rotation du vent au secteur sud qui me permettra de finir en route directe. » La présence d’une forte houle venue du nord a beaucoup sollicité le bateau ces dernières heures ; « Cela a beaucoup tapé mais au moins j’avais la vitesse pour atténuer ces sensations… » Avec moins de pression dans ses voiles, IDEC subit davantage ces trains de vagues qui viennent freiner sa glisse. « C’est dans ces moments que le bateau souffre le plus » souligne Francis, « surtout au niveau des voiles ; c’est pourquoi je préfère conserver le peu de vent pour continuer à avancer et ménager le bateau… »

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