La très spectaculaire inversion des courbes entre retard et avance s’est produite hier soir dimanche, au beau milieu de l’Atlantique. Près de 400 milles plus au sud de sa route de 2008, IDEC fonce en flirtant souvent au-dessus des 25 nœuds de moyenne. Entre dimanche midi et lundi midi, Francis Joyon a par exemple avalé près de 560 milles et à 13h aujourd’hui, il n’est plus qu’à 1500 milles de San Salvador, aux Bahamas, terme de son voyage. Qu’on ne compte pas sur lui néanmoins pour vendre la peau de l’ours. D’une part parce que le vent est très instable en force et en direction et sollicite beaucoup le matériel. « J’ai beaucoup de petites bricoles de matelotage à faire » explique Francis, « rien de méchant, mais c’est une poulie par ci, un barber ou un bout d’écoute par là… le vent varie de 16 à 27 nœuds et du coup je me retrouve souvent surtoilé.»Sans routage extérieur, Francis Joyon cherche la trajectoire la plus tendue possible, la plus efficace, pour monter chercher un front dès ce lundi après midi et surtout bien se positionner pour les trois jours à venir. Un exercice délicat car « la prévision a du mal à voir ce qu’il y a dans ce front ; ça peut bien se passer mais ça peut aussi être relativement violent, avec beaucoup de vent et de mer. J’en ai les signes annonciateurs : sur l’arrière de mon bateau le ciel est bleu. Devant en revanche, il est tout gris… ».L’inconnue de ce front passée, dès ce soir il faudra tenter d’anticiper au moins deux autres écueils météorologiques : « il y a un anticyclone à négocier par le sud sur ma route et surtout du vent qui s’annonce faible sur l’arrivée. Autrement dit, tout ce que je prends comme avance maintenant peut me servir dans le final pour compenser ce que je risque de reperdre dans ces transitions », explique encore un Francis Joyon toujours aussi calme et pédagogue.Qu’on ne compte donc pas sur lui pour crier victoire, même si l’avance sur son chrono de 2008 peut apparaître spectaculaire : dès cet après midi, IDEC pourrait bien être à la même longitude que lors de son record précédent, mais à la fin du 5e jour et non du 6e ! Explication : en 2008, IDEC était à la peine à ce moment du record, avec des vitesses de 8 à 15 nœuds contre… 27 nœuds ce lundi midi. A ce rythme, forcément, les milles défilent vite mais ce ne sera donc sûrement pas le cas jusqu’à l’arrivée. « Il y a une poignée d’heures à gagner sur ce record, peut-être une dizaine» disait le pilote d’IDEC avant son départ de Cadix. Mais il disait aussi qu’il ferait certainement une route très nord, alors que ce n’est pas le cas. Comme d’habitude, Francis Joyon surprend son monde et utilise à merveille son instinct de marin du grand large. Pour l’instant, il est parfaitement dans les temps pour franchir la ligne avant samedi prochain 16 février à 9h 21’48’. Mais on sait bien qu’avec les vitesses supersoniques des maxi multicoques, il faut se méfier jusqu’au bout : 200 milles sont vite gagnés… mais tout aussi vite perdus !: A 13h ce lundi 11 février 2013, Francis Joyon était à 1500 milles de l’arrivée, par 26°04 Nord et 047.10 Ouest. Cap plein ouest (269°) à 26,8 nœuds. Avance sur le chrono de 2008 : 255 milles.

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