« Soixante milles de retard, ce n’est rien du tout. Tout va bien à bord, le bateau est bien gentil, bien sage… j’ai même pu manger, dormir, récupérer… et je n’ai rien cassé à part deux ou trois petites bidouilles que j’ai réparé. » Il est comme ça, Francis Joyon : simple, rapide, efficace. Ne pas compter sur lui pour s’émerveiller outre mesure de ses moyennes depuis 24 heures qui frôlent pourtant les 600 milles parcourus, dont une pointe de vitesse sympathique à 34 nœuds ! Reste que la bonne voix du marin, d’un calme olympien, est là pour témoigner que reprendre autant de milles en une seule journée est tout sauf désagréable.Alors qu’il en termine avec le quatrième jour de cette tentative d’amélioration de son propre chrono, Francis Joyon a déjà parcouru plus de 1800 milles et devrait franchir la mi-parcours dans la soirée. Malgré un passage des Canaries délicat, IDEC est donc parfaitement dans les temps pour faire mieux que 9 jours, 20 heures et 35 minutes. Stratégiquement, « la question du moment est d’affiner la trajectoire pour trouver le meilleur cap possible dans la perspective du front que je vais chercher d’ici demain après-midi (lundi) ». Voilà pourquoi IDEC a enchaîné plusieurs empannages ce dimanche matin, au beau milieu de l’Atlantique. Rappelons que Francis Joyon n’a pas de routage extérieur sur cette tentative. « Ce sont des petits bords de recadrage, car je me suis rendu compte que j’étais un peu trop bas. J’avais été un peu prétentieux, donc je corrige le tir ».Car voilà, le passage de ce fameux front demain est d’une grande importance. « Nous avions eu la même situation sur la Route du Rhum 2010 et, à quelques milles près, je m’en étais bien sorti alors que Gitana avait souffert. Cela avait été déterminant pour la suite » se souvient le pilote du maxi-trimaran IDEC. Francis développe : « je dois faire attention à ne pas trop me rapprocher du centre de l’anticyclone et à anticiper le moment du virement dans les 35 noeuds du front, afin d’avoir le meilleur angle dans le nouveau vent portant derrière ». La journée d’aujourd’hui est donc consacrée à ce positionnement stratégique. Derrière le front, dans la nuit de lundi à mardi, IDEC retrouvera un bon vent de nord-est qui lui permettra d’allonger encore la foulée et – c’est ce qu’espère Joyon en tous cas – repasser devant son chrono de 2008. »Sur cette Route de la découverte, on jongle forcément entre différents systèmes météo. C’est très intéressant et ça explique qu’on n’y tiendra jamais des moyennes aussi élevées que sur l’Atlantique nord, puisqu’il faut bien gérer les transitions entre ces systèmes » note Francis. « Je me méfie, car en 2008 je m’étais approché un peu trop près de l’anticyclone et j’avais perdu du terrain. Donc je fais très attention à ne pas commettre la même erreur « . A part ça? « Le jour se lève, il y a une belle mer d’un bleu profond, le bateau glisse tranquillement à 20 noeuds dans un petit ralentissement passager… j’ai droit à un ciel pommelé avec de jolis cumulus au-dessus de la tête… c’est bien agréable. »: A 12h (hf) ce dimanche 10 février 2013, IDEC naviguait à 22 nœuds, cap au 244° (nord-ouest) et était positionné par 30°16 Nord et 37°08 Ouest. Il n’avait alors plus que 53 milles de retard sur son chrono de 2008.

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