La « fenêtre » guettée depuis la France avec l’aide experte du routeur-navigateur Jean-Yves Bernot doit s’entrouvrir dans la nuit de dimanche à lundi prochain (du 14 au 15 août ). Joyon s’extraira seul de la grande marina New-Yorkaise, glissera seul sous le pont Verrazzano au fil de l’immense Hudson river, avant de rejoindre la bouée qui remplace depuis peu la mythique Ambrose Light Tower, quelques milles au large des côtes américaines d’où il signalera à l’observateur du World Speed Sailing Record Council (organisme international qui ratifie les grands records à la voile) son heure de départ pour 2 900 milles d’aventure majuscule sur l’Atlantique nord. Tout seul.5 jours, 19 heures, 29 minutes et 20 secondes. Tel est le temps imparti en deçà duquel Francis Joyon, recordman du tour du monde en solitaire à la voile, reprendra à Thomas Coville ce prestigieux record transatlantique déjà détenu de 2005 à 2008. Francis Joyon a patienté près de 6 semaines avant d’identifier les conditions favorables pour espérer inscrire de nouveau son nom sur les tablettes du WSSRC. Une dépression en formation au sud de New-York semble enfin vouloir prendre la direction espérée vers les côtes Irlandaises. Le trimaran géant IDEC va littéralement la chevaucher depuis les rives de l’Hudson jusqu’à l’embouchure de la Manche. Le défi Herculéen consistera pour un homme seul à maintenir en permanence, 24 heures sur 24 une vitesse élevée, de l’ordre de 25 noeuds environ, afin de rester en avant des flux puissants de secteur sud ouest. Alimenté de la meilleure des manières depuis l’angle le plus favorable à tirer la quintessence des extraordinaires performances du trimaran, IDEC, profitant d’un état de mer « confortable » car pas encore agité par le passage des forts vents attendus (30 noeuds!) pourra donner sa pleine mesure jusqu’à la délicate zone de sanction traditionnellement située au sud de l’Irlande. C’est en effet en approche de la ligne d’arrivée située à la pointe de la Cornbouaille anglaise (Cap Lizard) que les dépressions « américaines » tendent, en ce milieu d’été, à s’évacuer vers le nord des îles Britanniques. Un scénario qui ne laisse plus aux navigateurs en approche de la Manche que le peu d’air en circulation au sein des dorsales anticycloniques. Jean-Yves Bernot et Francis Joyon espèrent ainsi un petit coup de pouce du destin lors des ultimes milles de leur tentative. »C’est de loin la meilleure opportunité qui se soit présentée à nous depuis le début du stand-by » explique Francis en quête ce matin d’une épicerie à Brooklyn pour compléter son frugal avitaillement (quelques fruits et de l’eau en plus des plats lyophilisés déjà à bord). « Les chances de battre le record sont de 50/50, poursuit Bernot. Au rayon des points positifs, il y a naturellement la bonne trajectoire anticipée de cette dépression, qui va maintenir Francis sur l’ortho et la route directe. La mer devrait être calme, et la force du vent en Atlantique de l’ordre de 25 à 30 noeuds. Nos inquiétudes vont vers la phase d’arrivée car il ne nous est pas possible de connaître avec certitude la direction que prendra en fin de semaine prochaine cette dépression. »Un défi bien à la hauteur du marin d’exception qu’est Francis Joyon s’annonce. Entre deux heures et six heures du matin (heure française) lundi prochain, Francis va renouer avec l’exercice surhumain de la navigation extrême, en maxi multicoque, contre l’impitoyable sentence du chronomètre, en travers de l’Atlantique Nord de tous les dangers, brouillards et grands bancs de Terre Neuve, vents puissants et cette solitude océane si terrifiante aux yeux des terriens et que lui chérit avec passion.

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