Quelque peu fatigué par 48 heures sans sommeil passées à bien gérer l’atterrissage sur les côtes américaines et la remontée de l’Hudson vers New York, Francis Joyon jetait ce matin un regard satisfait sur ce long convoyage entrepris en solitaire depuis la Bretagne. Les trains de dépressions virulentes qui encombraient l’Atlantique Nord l’ont contraint à considérablement rallonger la route vers le Nord-Est des Etats-Unis ; « J’avais sciemment choisi de privilégier la bonne gestion du bateau » explique Francis, « en choisissant la glisse plutôt que les « chevaux de bois » contre la mer et le vent. J’ai ainsi rallongé ma route en doublant quasiment la distance théorique entre La Trinité et New York » s’amuse t’il. « J’ai longé le Portugal avant de glisser au plus près des Canaries. Je suis même descendu à la latitude de la Guadeloupe, avant de remonter via les Bermudes… » Un entraînement bien à la mesure de la légende du détenteur du tour du monde à la voile en solitaire. « C’est étonnant » s’exclame t’il avec un brin d’ingénuité, « A chaque navigation, je continue de découvrir des astuces pour mener le bateau plus efficacement, tout en le ménageant. Dans les prises de ris, les changements de voiles, je continue d’apprendre et de m’améliorer. » IDEC a ainsi traversé l’océan Atlantique sans encombre, et rejoint une excellente base de départ pour envisager d’accomplir un nouveau temps de référence sur les 2 925 milles théoriques du parcours. « Cette marina au sud de Brooklyn est idéale pour rejoindre facilement, seul, sans assistance moteur puisque l’hélice du trimaran aura été escamotée, le grand large » souligne Francis.Reste à recevoir le feu vert de l’analyste météo et complice de toujours Jean-Yves Bernot. « Il n’y a pas de « fenêtre » intéressante à court terme » poursuit Francis Joyon. « Ce record détenu par Thomas Coville depuis 2008 en 5 jours, 19 heures 30 minutes et 40 secondes se situe à un très haut niveau, près de 22 noeuds de moyenne. Il faut trouver une dépression en circulation depuis le continent Nord Américain capable de nous emmener avec du vent de secteur Sud-Ouest, pour 20 à 25 noeuds, jusque sous les côtes Britanniques. » Francis Joyon cherche pour référence des conditions similaires à celles qui avaient permis en juin 2009 au maxi trimaran Banque Populaire V d’établir un temps absolu sur ce même parcours. « Les mois de juillet et août sont propices à voir se mettre en place ce type de système météo ; Je ne me suis pour l’instant fixé aucune limite à mon stand-by…. » conclut Francis Joyon.Une fois IDEC remis en ordre, Francis Joyon va rejoindre rapidement sa chère Bretagne d’où il poursuivra auprès des siens la surveillance de l’établissement des conditions attendues. Ne restera alors qu’à sauter dans un avion et rejoindre son bord pour une nouvelle aventure au delà du réel commun, un homme, Francis Joyon, un bateau, le maxi trimaran IDEC, et l’océan Atlantique…

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