Fidèle à sa légende, c’est seul à bord de son grand trimaran rouge IDEC que Francis Joyon a quitté La Trinité-sur-Mer mercredi dernier. Il contourne sur une voie très sud les trains de dépressions actives qui circulent actuellement sur la route de New-York. Il espère rallier « the big apple » la semaine prochaine au terme de près de 5 000 milles de navigation. Commencera alors l’incontournable « stand-by » météo, dans l’attente de conditions propices sur le trajet entre le phare d’Ambrose de New-York et le cap Lizard.Francis Joyon s’était déjà accaparé en juillet 2005 ce fabuleux record alors détenu depuis 1998 par Laurent Bourgnon sur son trimaran de 60 pieds « Primagaz ». Francis s’était élancé à bord du premier trimaran IDEC, un multicoque de 23 mètres signé du cabinet VPLP Van Péteghem – Lauriot Prévost et lancé en 1986 sous le nom de « Poulain ». En 6 jours, 4 heures, 1 minute et 37 secondes, Joyon avait effacé le record de Bourgnon à 19,75 nœuds de moyenne sur les 2 925 milles de distance théorique du parcours.Le temps de référence actuel a été établi par le trimaran Sodebo (Plan Nigel Cabaret de 32 mètres). Francis entend utiliser tout le potentiel de son IDEC II (Plan Cabaret-Irens de 29,70 mètres) avec lequel il a établi début 2008 un éblouissant chrono autour de la planète (57 jours 13 heures 34 minutes 06 secondes).C’est Jean-Yves Bernot, routeur-navigateur et complice de tous les exploits de Joyon qui assurera depuis la terre la veille et le suivi météo de cette tentative de record. Francis sait que la barre est haute et que la fenêtre de tir est d’autant plus difficile à identifier ; « Il faut tenir les 22 nœuds de moyenne pour battre ce record » explique t’il depuis le milieu de l’Atlantique, « ce qui signifie en réalité marcher à 25 nœuds et plus en permanence. » Joyon s’appuie sur l’osmose extraordinaire qu’il a, au fil des milles parcourus, tissé avec son trimaran pour envisager avec optimisme ses chances de succès. « Ce convoyage me remet immédiatement dans le rythme de la navigation en solitaire en maxi multicoque. Je rencontre sur ce convoyage vers les Etats-Unis des conditions compliquées qui me contraignent à de nombreuses manoeuvres. Je serai donc physiquement et techniquement fin prêt pour m’élancer dès qu’une fenêtre se présentera. »On se souvient qu’en 2009, Thomas Coville était demeuré plus de deux mois en stand-by à New-York avant de finalement renoncer à s’attaquer à son propre record sur ce trajet mythique. «Je vais débuter mon stand-by dès mon arrivée à New-York la semaine prochaine » poursuit Francis. « Si l’attente devait se prolonger, je rentrerai en Bretagne guetter le développement sur le continent américain des dépressions d’Atlantique Nord. »Le Maxi Trimaran IDEC, deuxième de la dernière édition de la Route du Rhum, n’a pas subi de modifications depuis son retour de Pointe à Pître fin 2010. « J’avais un jeu de voile neuf pour le Rhum qui conviendra parfaitement pour cette tentative » expique toujours aussi placidement le colosse de Locmariaquer. « J’ai juste remplacé mon grand gennaker qui avait explosé juste avant l’arrivée en Guadeloupe. »Plus que jamais fidèle à sa légende de marin instinctif et dur au mal, Francis Joyon, plus impatient et enthousiaste que jamais du haut de ses 53 ans, s’affirme en excellente forme physique et piaffe à l’idée de renouer avec ce long sprint transatlantique.

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