Quelques mois ont passé depuis la dernière collaboration, fructueuse et couronnée de succès, entre Jean-Yves Bernot et Francis Joyon lors du record établi sur la nouvelle route vers l’île Maurice l’an passé. Le marin de Locmariaquer a très vite placé le curseur de ses objectifs vers la Route du Rhum, et la formidable confrontation si attendue entre son Maxi Trimaran IDEC de tous les records, et les multicoques géants les plus performants du moment. IDEC se devait de poursuivre son évolution réfléchie et empreinte du sceau de l’expérience ; la pose de foïls, sorte de patin qui permet de « sortir » l’ensemble du bateau de l’eau, de diminuer la traînée et d’alléger la barre, est survenue cet été, modifiant considérablement les « polaires », paramètres des performances du trimaran géant. « Francis a naturellement consacré beaucoup de temps à la mise en oeuvre puis à la prise en main de ces importantes modifications techniques  » explique Bernot. « Notre premier travail a donc consisté à bien intégrer tous ces nouveaux facteurs dans les composantes de nos critères d’analyse météo. » Si la technique informatique continue de progresser avec la souplesse et la rapidité d’acquisition des données apportées par l’internet à haut débit disponible sur les voiliers, Jean-Yves Bernot tient à s’assurer avant toute approche analytique, de la fiabilité des matériels. La seconde phase du travail avec Francis, marin comme chacun sait peu « fan » de la multiplication des outils à bord de ses voiliers, a donc consisté à s’assurer de la fiabilité des matériels informatiques embarqués. « La Route du Rhum en maxi multicoque est un sprint qui va considérablement « bouffer » les hommes » rappelle l’expérimenté Bernot. « Les solitaires n’auront au final que peu de temps à passer à la table à carte. Il convient de mettre en place des outils simples, faciles à ingérer, à comprendre et à assimiler par les skippers qui devront gérer une machine monstrueuse, dévoreuse de temps, d’attention et d’énergie. » Et Bernot de se réjouir d’une collaboration avec Francis totalement dénuée d’à peu près ou de tergiversations ; « Francis sait toujours ce qu’il veut » affirme t-il. « Il connait le boulot et dispose, c’ est là chose moins connue, d’un remarquable sens stratégique. Il « sent » bien les coups, anticipe parfaitement les mouvements de ses adversaires. » Les échanges avec le routeur, chargé à terre d’accumuler, de trier et d’analyser l’énorme quantité d’informations désormais disponibles grâce au World Wide Web, se font alors précis, claquants, efficaces. « Francis me donne énormément de « feedback », de retour sur son ressenti sur l’eau ; ceci enrichit considérablement ma réflexion et permet une prise de décision laissant le moins d’espace possible à l’improvisation et à l’inconnu. »Ne reste plus à attendre désormais que le fatidique et non moins soulageant coup de canon de départ dimanche à 13 heures 02. « Les conditions semblent particulièrement « tordues » annonce Bernot. « les schémas météo évoluent très rapidement, avec une grande instabilité qui ouvre la porte à de nombreuses options, dont aucune ne semble s’imposer plus qu’une autre. » IDEC, à l’instar des grands multicoques modernes, a été dessiné pour le grand large, pour les grandes envolées au allures portatives et dans la brise. Le près, face au vent, est un régime à l’évidence moins goûté par ce géant des mers et son skipper, pas plus que les phases dites intermédiaires, peu ventées entre deux systèmes. « Les multicoques géants peuvent battre le record de l’épreuve détenu depuis 2006 par Gitana, trimaran à l’époque mesurant 60 pieds. » explique Bernot ; « pas sûr cependant que nous disposions la semaine prochaine des conditions météo aussi avantageuses que lors de la précédente édition… »

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