1990 ! 20 ans déjà que Francis Joyon et son approche toute en improvisation réfléchie du métier de marin océanique abordait sa première Route du Rhum. Moment épique dans une carrière radicalement vouée à l’extra ordinaire. A quelques jours du départ, Francis raccourcissait lui-même son catamaran pour intégrer la nouvelle norme de 60 pieds. Longtemps abonné à préparer d’improbables bateaux pour en tirer d’inimaginables partis, Francis Joyon surfe depuis 2007 sur les harmonieux et apaisants sillages d’un trimaran, signé Irens-Cabaret, pensé, conçu et fabriqué pour lui, à son image et selon une perception de la vitesse à la voile à nulle autre pareille. Francis Joyon tient avec le maxi-trimaran IDEC son miroir, dur au mal, rapide en toutes circonstances, solide et taillé pour encaisser tous les excès. Riche de centaines de milliers de milles autour de la planète, la complicité entre l’homme et le bateau à la veille de la Route du Rhum – La Banque Postale, n’a sans doute jamais été aussi étroite, soudée au sel de nombreuses épreuves et d’autant de records. Fidèle à lui-même, à son approche réfléchie, souvent instinctive des choses de la mer, l’homme de Locmariaquer a accompagné la lente maturation de sa monture, insensible aux modes et à la concurrence. Le maxi-trimaran IDEC version 2010 s’est sophistiqué, avec la pose de foils. Il s’est surtout adapté aux nouveaux challenges proposés par son skipper ; « Une Route du Rhum impose la répétition souvent successive de lourdes manoeuvres » explique Francis. « Nous avons donc porté nos efforts sur mille et un détails destinés à faciliter changements de voiles et prises de ris… » Et d’avouer : « Oui, IDEC a changé. Son plan de voilure a évolué, en surface et en variété. » Expérience, toujours ; « Sur une Route du Rhum, on est amené à traverser des zones de vent instables entre deux grands systèmes météo. Je disposerai donc avec ce Code 0 de la voile idéale pour traverser ces zones de transition… »Des records à la course en flotteLe reste sera affaire d’homme. « Lutter contre le chronomètre est un aiguillon fort, certes, mais pas aussi puissant que de savoir, à vue ou à son vent, la présence d’un adversaire… » Francis Joyon replonge donc avec délice dans l’atmosphère brûlante d’adrénaline de la course hauturière. « Ce sera speed, plus speed qu’en record » annonce t-il. Et de réfuter tout statut de favori, non par fausse modestie car il reconnait volontiers partir pour la gagne, mais bien parce que ce parcours entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, à l’approche de l’hiver, est semé d’embûches et d’incertitudes. « La météo est l’inconnue qui brouille les pistes ; certains voiliers sont plus à l’aise à certaines allures qu’à d’autres. Avec IDEC, je crois disposer d’un trimaran polyvalent. » Demeure le glorieux mystère des choix de route, « Au Nord, via Terre Neuve et un long plongeon le long des côtes américaines ? Au centre, avec un passage au coeur des Açores ? » Ou bien, ainsi qu’il en avait fait l’expérience en 1998, cap au sud, quitte à frôler les côtes de Mauritanie pour chercher l’alizé ? A ces évocations, le coeur de Joyon s’emballe. Un nouveau challenge, un nouveau Graal s’avance, plein d’incertitudes, de dangers et d’une émotion bien propre à Joyon ; sa volonté de pousser une nouvelle fois le curseur de sa résistance et de ses forces physiques et mentales dans un nouvel espace. Plus loin, plus fort, plus dur… du Joyon.

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