Si Francis encaisse comme à l’accoutumée et sans broncher les pires coups de boutoir de l’océan, c’est bien sa vitesse de rapprochement vers sa destination finale, Port Louis sur l’île Maurice, qui le chagrine. Celle-ci, et sur une route tracée à près de 70° du cap idéal, oscille entre 10 et 7 noeuds, tandis qu’IDEC s’enfonce de plus en plus au coeur des solitudes australes, avec cette marque des 44 degrés de latitude Sud franchie à la mi-journée. A 1900 milles en route directe de son but, Francis sait qu’il lui faudra en réalité couvrir une distance bien supérieure. S’il parvient à virer de bord demain après-midi, il poursuivra néanmoins une allure au plus près du vent et, s’il commencera à remonter enfin vers de plus clémentes latitudes, il ne fera pas encore route directe vers sa destination.Ce dernier quart du parcours, alors que plus de 8 000 miles ont déjà été couverts depuis le départ de Bretagne voici 19 jours, recèle bien toutes les difficultés envisagées par Francis à l’élaboration de ce projet ; la Route des Indes, telle que Hollandais, Portugais, Anglais et Français l’empruntaient voici des siècles, était bien l’une des plus rudes et des plus inaccessibles pour ces marins découvreurs, dont Joyon se fait aujourd’hui l’héritier moderne certes, mais solitaire.

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