« Je passe au grand large du banc d’Arguin, en Mauritanie, où la pêche ne se pratique qu’à la voile, où la ressource est préservée. C’est un endroit extraordinaire, sans doute un des mieux préservés de la planète. J’aime bien penser à ces pêcheurs… à chaque fois je me dis que j’aimerais m’arrêter ici un jour. » Francis Joyon est ainsi fait : dans sa tête il y a la voile, le bateau, la vitesse, le record… mais aussi et surtout l’environnement, la nature, ses rêves de voyageur planétaire. Il y a encore « ces poissons volants qui jaillissent en flux continu sur le bateau, à tel point qu’il faudrait presque que je mette un casque, ou bien encore en faire mon petit déjeuner même si je suis très classique de ce côté : café, tartines ! » Il y a encore « ce ciel typique des alizés, cumulus et petits nuages blancs, très agréable…»Au Cap Vert dès ce soirAlizés ? « Oui, c’est reparti ! La bulle anticyclonique a été un peu plus longue que prévue à franchir, mais c’est fait : après une nuit dans 8 noeuds de vent où il était bien difficile de faire avancer le bateau, j’ai désormais 14 à 15 noeuds d’Est-Nord-Est bien établis et ça change tout : le bateau file à 22, 23 noeuds maintenant… cette première difficulté est surmontée ».Surmontée aussi la péripétie d’un sac plastique coincé dans le safran qui a obligé Francis à rouler le gennaker, se mettre face au vent et faire plusieurs marches arrière pour se débarrasser de ce corps étranger qui freinait la progression. Maintenant, il faut songer aux difficultés suivantes, à savoir le passage du Cap Vert dès cette nuit – « sans me faire déventer comme cela a failli m’arriver à Madère » – et ensuite évidemment le pot au noir. Le passage de l’équateur est prévu pour ce week-end, après environ 7 jours de mer donc… comme annoncé au départ samedi dernier.L’équateur en une semaineCôté stratégie, « pour passer le pot au noir, que j’entamerai samedi matin, voire dès la nuit de vendredi à samedi, je vais viser un point entre 25 et 27° ouest », explique le skipper d’IDEC. « Cela rallonge un peu la route, mais la zone de transition y est moins épaisse et moins active qu’à l’est ; et ce choix s’avère très souvent payant au final ». Et puis, comme le veut la coutume du bord pour ne pas casser la ligne de démarcation des hémisphères et que le monde se délite comme un rôti dont on couperait les ficelles – selon l’histoire racontée par Francis pour faire rêver ses enfants – Joyon a promis de relever les appendices d’IDEC au passage de l’équateur. Il aura alors « la tête en bas » et s’attaquera avec délice à l’Atlantique Sud, cap sur Bonne Espérance. Par quels chemins détournés ? Tout dépendra de la position de l’anticyclone de Sainte Hélène, comme de coutume là encore. Mais n’anticipons pas. Pour l’heure, un marin heureux file au grand large de la Mauritanie. A fond.Repères :La Mauricienne, record en solitaire France-Ile MauriceDépart : Port Louis (Bretagne)Arrivée : Port Louis (Ile Maurice)Distance orthodromique : 8 000 millesFrancis Joyon a bord du maxi trimaran IDEC est parti voilà 5 jours, le samedi 17 octobre 2009 à 12h50’16 »(heure française). A 11h00 ce jeudi, il naviguait par 19°54 Nord et 20°23 ouest, à 6200 milles de l’arrivée à l’île Maurice.

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