A 1 600 milles de l’arrivée, le proche horizon du navigateur solitaire semble relativement clair, avec la perspective déjà entamée de relancer à la hausse le curseur du différentiel d’avec son « Defender » virtuel Thomas Coville. A plus long terme et du côté de San Salvador, l’incertitude la plus grande semble régner quant à la saveur de la sauce à laquelle IDEC sera, ou non, dévoré…Cumulus d’espoirAu sortir d’une des journées les plus noires de sa carrière de navigateur solitaire qui voyait sa machine à record inerte dans les calmes de l’anticyclone, Joyon trouvait dans ses propres malheurs matière à sourire et à s’amuser ; « L’anticyclone s’est avéré plus mou que prévu, avec peu de vent et sa traversée m’a coûté cher. Mon avance à énormément fondu (rires)… L’inquiétude réside cependant surtout sur l’arrivée… » En retrouvant des vitesses de l’ordre de 20 noeuds et plus grâce à un régime toujours venu du Sud Est, IDEC se déhale, prend ses aises et redonne sérénité d’esprit à son skipper ; « J’ai un peu plus d’air que prévu et ce n’est pas plus mal pour me permettre de reprendre un peu du temps perdu hier. » Sous un ciel clément et un chaud soleil, Joyon profite à plein de ses vrais moments de solitude en plein coeur de l’Atlantique ; « Je n’ai pas vu un cargo depuis trois jours, ni animal marin. C’est une navigation agréable sous un ciel seulement perturbé par quelques cumulo-nimbus, signes annonciateurs de vent…. »Rebondir d’un système à l’autre »Le vent s’est levé et j’ai à présent 15 noeuds de secteur Sud Est, un peu plus fort que prévu et je vais progresser le plus vite possible vers l’avant du front et les vents portants qui me pousseront vers l’arrivée. La météo est bonne pour les deux ou trois jours à venir mais il y a une incertitude sur la zone d’arrivée. Il faut que je progresse très vite ces prochaines heures… » Après son passage express aux Canaries, Francis a fait honneur à l’esprit de cette Route de la Découverte en s’engageant sur une trajectoire bien inhabituelle pour ce type de record. IDEC a poussé très Nord sa préférence de vitesse par rapport au cap, et aux longues glissades alizéennes, Francis le découvreur a choisi l’incertitude d’un jeu de saute-moutons d’un système météo à l’autre. Le prix à payer est connu et assumé en zones de transition « pétoleuses » et déprimantes à souhait lorsque l’on galope et derrière un inexorable chrono, et aux trousses d’un « defender » aussi talentueux que Thomas Coville. »Je vais encore devoir changer de systèmes avant d’arrivée. Sur une route d’alizées, on ne change pas de système, on joue avec les oscillations du vent portant. En ce qui me concerne, je dois aller chercher des fronts actifs, en coupant au plus court les zones de transition peu ou pas ventées… ». IDEC est, à n’en pas douter, la machine conçue pour ce périlleux exercice. Encore faut il que son skipper dispose des nerfs, des muscles et de l’intelligence pour s’accommoder d’un si rebutant exercice. C’est assurément le cas. En doutiez vous?

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