Vent arrière et à 180 degrés de la route durant une partie de l’après-midi, Joyon, qui ne remet jamais à plus tard ce qu’il peut faire dans l’instant, a profité hier du premier répit offert par la fin de l’alizé pour effectuer une dernière visite à son mât blessé. Les derniers entretiens téléphoniques avec Dominique Marsaudon, fabricant du mât et les architectes Nigel Irens et Benoit Cabaret avaient achevé de le convaincre sur les mesures à prendre pour sécuriser au maximum un ancrage de hauban dont l’axe, en se dévissant, menaçait de précipiter la chute du mât. C’est donc armés de sangles et surtout d’un bon gros marteau que Francis s’est hissé au dessus de la plate-forme du trimaran. Il a dans un premier temps, et avec un réel soulagement, constaté que l’axe incriminé n’avait pas bougé depuis l’Equateur ; « Et pourtant, trois jours de près dans l’alizé auraient pu avoir des conséquences fâcheuses… » Francis a ensuite utilisé les grands moyens ; « J’y suis allé franchement » avoue-t-il, et on imagine que le pas de vis soumis au martèlement herculéen du marin de Locmariaquer, est dorénavant « grippé » de manière définitive. « J’ai ensuite fixé le petit capot de protection et ai procédé au sanglage de l’ensemble avec force bouts et spectra. » Ainsi bandé et consolidé, l’espar a redonné confiance et sérénité au skipper d’IDEC.  » Je me sens rassuré et j’ai retrouvé un important capital confiance en mon mât ».En pleine zone de transition en bordure de l’anticyclone des Açores, Francis a poursuivi aujourd’hui sa tournée d’inspection de son trimaran à ses dires « bien fatigué ». Sous gennaker et grand voile définitivement bloquée au premier ris, IDEC va jouer ses dernières cartes avant le sprint final vers Brest. Dès le début d’après-midi, Joyon déclenchait un empannage à l’ouest, afin de se dégager de la zone de calme. Bâbord amure, il s’en va chercher un peu plus de pression avant de renvoyer à nouveau la toile côté tribord cette fois pour le grand sprint vers Brest. Une nouvelle dépression très creuse évolue dans son Nord Ouest. En accrochant sa bordure sud, IDEC évoluera dans des régimes soutenus de Sud Ouest fort propices pour rallier la pointe de Bretagne. « On annonce 50 noeuds au plus fort de la dépression » explique sans émotion Francis Joyon. « A moi de bien me positionner pour éviter le plus fort du vent. Il est certain que je vais au moins recevoir 30 à 35 noeuds.  » Point de regrets à avoir donc quant à la perte de ce premier ris. Aux allures portantes et avec une houle bien orientée, IDEC pourrait nous offrir un final digne des performances alignées depuis le départ de Brest voici 54 jours seulement…

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