Poussé par un vent d’alizé émaillé de quelques grains annonciateurs du pot au Noir, IDEC réalise aujourd’hui sa meilleure journée depuis son passage au cap Horn avec la bagatelle de 533 milles parcourus. A plus de 22 noeuds de moyenne sur les dernières 24 heures, il vient de franchir la ligne symbolique de partage des hémisphères, « dérive relevée » comme le veut la tradition des multicoques afin de ne pas se prendre les appendices dans la ligne de l’Equateur. Accompagnant la rotation du vent, Francis a pu, en lofant progressivement, se caler exactement sur la route directe vers Brest et la conclusion de son Tour du monde. « Cela sent le retour à la maison » avoue-t’il, tout en se préparant à affronter une nouvelle fois le pot au Noir. « L’Atlantique Nord correspond à un territoire qui m’est familier, que l’on connaît bien pour l’avoir traversé déjà à 25 reprises. Et c’est vrai que le sentiment de l’arrivée se fait plus présent. »Point d’impatience cependant chez le skipper d’IDEC. Sa motivation à signer le record le plus stratosphérique possible est intact et son esprit est aujourd’hui tout entier tourné vers la bonne gestion de sa trajectoire dans les calmes ou les grains du pot au noir. « Je sais que je ne dormirais pas beaucoup les prochaines 24 heures » souligne-t’il. « La Zone de Convergence Intertropicale se déplace vers le Nord et je n’ai pas de temps à perdre si je veux lui échapper. »La suite du programme s’annonce assez classique pour cet endroit du globe à ce moment de l’année ; « Les alizés de Nord Est ont l’air bien en place » poursuit Francis, « Il me faudra trouver le bon compris angle de vent-vitesse-trajectoire afin d’optimiser ma route vers les flux d’Ouest qui circulent bien en ce moment dans le nord des Açores… »Le petit safran bâbord qui causait hier quelques tracas est de nouveau solidarisé avec le système de barre centrale. Alternant au gré des variations du vent entre trinquette et solent, le grand trimaran rouge entame l’ultime tour de piste de cet incroyable circumnavigation. Moins de 3 200 milles séparaient Francis de l’arrivée à la mi-journée; « Une petite Transat » s’amuse Francis, vainqueur en 2000 de la Transat anglaise en Solitaire…

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