Francis Joyon et son grand trimaran rouge IDEC poursuivent aujourd’hui le ‘tricotage » entamé hier au soir dès le passage du cap Horn. « De 7 mètres de houle, la mer s’est soudain aplatie » raconte Francis, « Le Horn est une formidable barrière qui casse la houle. C’est étrange de naviguer sur mer plate après des semaines et des semaines de mer formée. » Le vent, comme pour saluer les exploits du marin de Locmariaquer, s’est lui aussi fait discret et seule une légère respiration pour 4 à 5 noeuds baignait ce matin les parages de l’Ile des Etats. « C’est un passage en douceur » poursuit Francis, « avec pas mal de manoeuvres cependant, de trois ris trinquette à toute la toile… » Pas inquiet outre mesure d’un si brutal ralentissement, Francis le philosophe y voit matière à reconditionner le bateau, et aussi « le bonhomme ». « La mécanique est un peu rouillée » s’amuse t’il, « le bateau est en bien meilleur état que moi. Je souffre d’un torticolis bien gênant dans les manoeuvres. Heureusement, le docteur Jean-Yves Chauve m’a conseillé avec efficacité. » A l’évidence, Francis aspire à quelque repos. Un « break » que le renforcement au secteur Nord attendu prochainement pourrait lui apporter ; « Dans le petit temps, on ne peut se permettre d’aller dormir car il faut guetter la moindre risée. Le près n’est pas une allure confortable pour dormir mais si le bateau est bien réglé dans un vent stabilisé, je pourrais récupérer. » L’énormité de la tâche encore à accomplir ne lui échappe donc en rien. « Ellen avait 5 jours d’avance sur mon précédent record à ce même point de la course » se souvient-il, « Et pourtant, elle a failli tout perdre lors de la remontée de l’Atlantique… »Déconcertant de simplicité et de gentillesse, Joyon dédie exclusivement ces deux tiers express du parcours au bateau et à ceux qui l’ont conçu. « Je crois que ce bateau est un « sans faute » tient-il a souligner en pensant à ses concepteurs Nigel Irens et Benoit Cabaret, et à tous ceux qui lui ont donné corps, de Christophe Houdet aux hommes de Samuel Marsaudon… « Le pari de la légèreté et de la simplicité était osé » insiste Francis. « Ma fierté va aux gens qui se sont investis pour que ce projet existe et qui, par leur savoir faire, ont prouvé qu’il était réaliste… »Sous la double pression du record d’Ellen MacArthur et de la tentative en cours de Thomas Coville, Francis entame la longue remontée vers Brest et ses foyers. « Le record d’Ellen est extraordinaire et il demeure mon objectif. Je dois rester au maximum de mes possibilités et de celles du bateau ». Toujours et encore….

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