« J’ai encore pris une petite « raclée » cette nuit ». Et nous qui, pauvres terriens, à l’examen des vitesses élevées, près de 23 noeuds de moyenne toute la nuit, pensions IDEC sorti des griffes de la dépression à grains chevauchées bride abattue depuis quatre jours! Que nenni! Aucun répit pour le marin solitaire. Un fort coup de vent de secteur Nord est venu cette nuit secouer brutalement, avec près de 35 noeuds, un Francis Joyon quelque peu las et meurtri par 11 jours d’océan Pacifique. « Il a fallu de nouveau prendre le troisième ris et envoyer le tourmentin » raconte Francis, « et c’est dans ces moments-là que je prends la mesure de ma fatigue. » Et d’ajouter pourtant ; « L’efficacité du marin, c’est d’être à 100/% des capacités du bateau quelles que soient les conditions… je me suis surpris à n’être par moment qu’à 80%… » Visiblement, il y aurait donc « fatigue » du terrien, et fatigue du Joyon…Car avec le passage du Horn, point de pause ni de récupération. L’arrivée sous le vent de la Cordillère des Andes alors que le vent a pris franchement du Nord, va mobiliser toute la vigilance et toute l’attention du solitaire. La mer, entre houle du Nord et houle de l’Ouest s’est faite chaotique et Francis, d’ordinaire si plein de compassion pour Dame nature, ne voyait aujourd’hui que peu de matière à émerveillement ; « Ce n’est pas très beau dehors ; la mer est confuse, le plafond est bas et gris… » En route directe vers l’île des Etats, Francis espère entrevoir avec le dernier jour ce soir la masse sombre du Cap Horn, ou tout au moins son fameux phare. En attendant, seul compte le pouls du bateau. « Je dois réduire un peu la vitesse car travers au vent, IDEC monte vite la patte… ».Le Pacifique et sa « force phénoménal » ne sera plus demain qu’un souvenir. L’Atlantique Sud est là, qui attend Francis avec des vents contraires. « Le début de la remontée ne sera pas très rapide » annonce Joyon. L’occasion alors, ne serait ce qu’un instant, pour notre étonnant voyageur de récupérer un peu, remettre de l’ordre dans cette « cours des Miracles » selon ses propres termes qu’est devenu IDEC après la tempête, avant de reprendre l’infernal rythme de la course aux records.

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