«Oui, exactement. J’ai ‘speedé’ à fond toutes les dernières 24 heures pour ça… J’ai tiré un bord bâbord amure pour monter sur le 52e Sud, puis je suis redescendu le plus vite possible pour ne pas me faire rattraper par les vents faibles d’une dorsale anticyclonique qui se trouve juste derrière moi. Je ne sais pas si je vais réussir, mais je crois que je tiens le bon bout parce que le baromètre commence à baisser de nouveau, ça veut dire que j’arrive à aller un peu plus vite que la dorsale. »« C’est l’intérêt d’un bateau rapide : on peut vraiment jouer avec les éléments, se placer par rapport à eux. Enfin parfois c’est un peu limite, car IDEC n’est quand même pas aussi rapide que les grands bateaux qui font le tour du monde en équipage comme Orange… mais tout de même, on arrive à jouer… »« Oui, il faut être correct avec les garçons ! (rires) J’ai beaucoup d’admiration pour eux, donc si je commence à les vexer ce ne serait pas bien ! »« C’est vrai que c’est une grande satisfaction d’avoir fait aussi proprement cette première moitié (du tour du monde, ndr). Maintenant, j’attaque la deuxième partie, les questions se posent de nouveau, c’est le Pacifique qui commence… »« Le vent vient du sud-ouest pour environ 20 nœuds, et c’est le contraire de chez nous : ici, il apporte la lumière, les grains, ça oblige à manœuvrer énormément pour gérer les nuages noirs chargés de pluie et de vents plus forts qui arrivent d’un seul coup. Il y a toujours beaucoup d’oiseaux, un mélange d’albatros et de plus petits, dans une belle lumière… c’est vraiment une très belle journée. Ce matin j’avais cinq mètres de houle avec un début de mer déferlante… mais le vent a molli et refusé et ça s’est un peu calmé. Le vent refuse maintenant, il va adonner ensuite de nouveau… il faut s’adapter, c’est une navigation vraiment intéressante… j’allais dire depuis hier, mais elle l’est depuis le départ ! »« Oui, la moitié du parcours, c’est le sud de la Nouvelle-Zélande, dans à peu près 300 milles. J’ai regardé, en distance et en temps ça correspond. J’ai vu qu’Ellen était à peu près la moitié de son trajet en temps pendant son record, et moi aussi en 2004, j’étais à la moitié en temps à cet endroit là aussi…« Je ne suis pas encore sûr à 100% d’échapper à l’anticyclone, mais j’ai de bonnes chances… ça permettrait de continuer encore quelques jours avec des moyennes correctes, oui. Je vais être fixé assez vite, ça va se jouer dans les 24 heures. Derrière, je pourrais avoir encore du sud-ouest de 15 nœuds forcissant, puis tournant à l’ouest. Donc, route directe dans un premier temps, puis il faudra que je tricote (pour donner de l’angle au bateau et ne pas le laisser plein vent arrière, une allure lente, ndr), je serai peut-être amené à descendre un peu plus bas, jusqu’à 55° ou 56° Sud, si nécessaire.« Dans l’Indien, je ne voulais pas descendre au dessous de 53° Sud, maintenant c’est différent. C’est la météo qui décide et celle-ci est favorable pour aller plus bas. Et puis, j’ai les outils pour surveiller les icebergs avec le radar qui repère les parois des blocs de glaces. Enfin, contrairement à l’Indien où j’étais dans les brumes, j’ai de l’horizon et une très bonne visibilité, cela permet de prévenir les risques.« Cela fonctionne vraiment bien. Le fait d’avoir des sources d’énergie diversifiées est une super sécurité, quand je vois que parfois tu peux être à la merci d’une panne de moteur et être obligé d’abandonner faute d’énergie… L’éolienne tourne parfaitement, elle me fournit environ 70% de l’énergie dont j’ai besoin pour les instruments du bord, les panneaux solaires font le reste. Ils fonctionnent même par temps couvert et j’ai 20 heures de jour sur 24h en ce moment. Pour le complément, j’ai utilisé en tout et pour tout 4 litres de méthanol pour la pile à combustible. C’est agréable d’être en accord avec les éléments. Ici on est dans un milieu naturel propre : il n’y a pas une trace de sac poubelle, de plastique, de bouteille ou de déchet, rien, juste l’océan. La mer est absolument propre, quand on voit quelque chose ce sont des algues à la surface de l’eau et c’est bien de rester dans le respect de l’endroit où on navigue… »« Le froid on doit s’y habituer, car j’en souffre plutôt moins que la semaine dernière. Au niveau alimentation et sommeil, ça va mais j’ai eu 24 heures un peu difficiles car il fallait tout le temps surveiller le bateau et manœuvrer… La nuit tombe pour moi, je vais essayer d’en profiter pour récupérer un peu… »

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