Alors que le trimaran IDEC flirte avec les Cinquantièmes hurlants, entre les Kerguelen et le Cap Leeuwin (à 750 milles devant les étraves), c’est un Francis Joyon en pleine forme qui répondait à la vacation ce vendredi, au terme de son 21e jour de course. En pleine forme et n’hésitant pas à manier l’humour pour faire état de sa situation. « Oh, et bien disons que je ne suis plus habitué à n’avancer qu’à 15, 17 nœuds et ça me fait tout drôle de ne plus voir le bateau entièrement recouvert par les embruns »… Pas du tout inquiet par le petit « tricotage » qu’il doit faire en cette deuxième moitié d’Océan Indien et toujours très serein. Il faut dire que le ralentissement d’aujourd’hui n’est que temporaire. Francis Joyon explique : « ça ne va durer qu’une journée. En ce moment je me positionne pour le vent à venir en faisant un petit contre-bord vers le sud, mais je vais retrouver du vent dans 24 heures et de nouveau galoper… »Galoper. Encore et encore. Après tout, cette journée d’aujourd’hui est peut-être une bénédiction aussi ; en ce sens qu’elle permet au marin de souffler un tant soit peu, de s’occuper de la machine, de prendre du plaisir aussi. « Je n’étais jamais passé aussi près des Kerguelen », raconte Francis, « et j’ai de la chance car normalement on ne voit jamais le soleil dans le grand sud, c’est toujours brumeux, avec du crachin… mais là j’ai même eu droit à un petit rayon de soleil et des centaines de pétrels m’accompagnent. C’est sympa, c’est vivant, j’essaie de les apprivoiser avec un sifflet que je me suis fabriqué mais pour l’instant je n’y suis pas encore arrivé …»Ainsi va Francis Joyon, l’homme qui « marche avec ses rêves », le marin qu’on n’a pas encore entendu se plaindre une seule minuscule fois depuis 21 jours : ni du froid ni de son bateau, ni de la fatigue, ni de rien d’ailleurs… Son moral ? La question est presque incongrue : « le moral est bon, merci, le bateau est en bon état tu vois… j’ai fait ma petite révision, renforcé des points d’amarrage de gennaker, des points de ragage et voilà… c’est reparti pour un tour… »C’est reparti pour la suite du tour, donc. Il est vrai qu’à en croire le navigateur d’IDEC, les perspectives à court et moyen terme n’incitent pas à la mélancolie. Dès dimanche, peut être avant, IDEC va boucler le parcours historique entre les deux caps en plus ou moins 7 à 8 jours… c’est à dire peu ou prou aussi vite que le temps d’Orange II en équipage, qu’on pensait imbattable. C’est à dire aussi deux ou trois jours de mieux sur cette portion que le chrono à battre d’Ellen MacArthur. La suite ? « Les perspectives à 4 et 5 jours ne sont pas défavorables : il y a un risque de dépression se creusant dans le mauvais sens mais ce risque est assez faible ». Conclusion ? « on devrait pouvoir enchaîner, dans des vents restant toujours plutôt de secteur nord-ouest ». Voilà. Limpide. Il suffit d’enchaîner. La voile est un sport simple.

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