Après un gros quart du parcours de ce tour du monde à la distance traditionnellement estimée à 21 600 milles, Francis Joyon affiche une certaine satisfaction ; « Je suis hyper content du temps de cette première partie. J’ai eu du vent pas trop fort et le bateau a vraiment bien marché. J’ai pu tirer dessus comme en Transat. J’étais dans un rythme de transat durant toute cette descente. J’ai pu suivre une trajectoire assez propre sans « tricoter ». L’Equateur d’abord, Bonne Espérance hier… la chasse aux temps référence est fructueuse. Joyon en paie le prix, à coups de fatigue et d’un stress que dissimule naturellement son tempérament placide. « Je dois continuer sur mon rythme actuel, sous peine de me retrouver dans la galère si la dépression me rattrape. Le vent fluctue beaucoup en force. Dès qu’il faiblit, je renvoie de la toile. Dès qu’il forcit, il faut abattre, réduire, attendre que les choses se stabilisent, puis relancer à fond jusqu’au prochain ralentissement où il faudra renvoyer la toile, et ainsi de suite depuis des jours…Il faudra bien reprendre un rythme de tour du monde un jour, mais ce n’est pas pour les 24 ou 48 heures à venir… »IDEC et Francis Joyon continuent donc de forcer leur destin. Les étonnantes capacités du bateau, ajoutées aux stupéfiantes habilités du marin de Locmariaquer à tenir des jours durant et avec lucidité la maîtrise de son œuvre, permettent au duo IDEC-Joyon de prolonger aujourd’hui encore, et pour peut-être deux, voire quatre jours selon les modèles, cette extraordinaire trajectoire sous le continent Africain. En parvenant à glisser le plus longtemps possible en avant du front dépressionnaire qui gronde dans son Sud-Ouest, Francis bénéficie d’une mer toujours bien ordonnée, « avec une aimable houle de Sud-Ouest », et ce vent de Nord Ouest oscillant entre 17 et 26 nœuds dont le plan Irens Cabaret extrait sans effort ses 23 nœuds de moyenne quotidiens. « Le bateau va plus vite que ses polaires ; je peux rester dans le vent de Nord-Ouest et ne pas être rattrapé par le front dépressionnaire, et éviter dans l’immédiat le mauvais temps… » Francis Joyon n’envisage donc pas pour le moment de pousser plus au sud sa route actuelle qui le mène plein Est à croiser dans quelques jours bien au Nord des archipels de Crozet et de Kerguelen. « Avec ce Nord Ouest, si je descend, je ralentis. J’ai donc tout intérêt à garder mon cap actuel. »Et de conclure avec humour, « Mon concurrent immédiat, c’est la météo. »

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