Deux jours de mieux que le chrono d’Ellen Mac Arthur. Trois jours de mieux que son précédent record personnel. Et même dix heures de mieux que l’équipage de Bruno Peyron sur Orange II lors du Trophée Jules Verne victorieux (en 50 jours.. ). Ce qu’a réalisé Francis Joyon la nuit dernière à bord du maxi-trimaran IDEC en coupant l’équateur 6 jours, 16 heures et 58 minutes après son départ de Brest est tout simplement phénoménal. Avant cette nuit, on pensait que jamais un solitaire ne pourrait descendre sous la barre des sept jours sur cette première partie de course.A la vacation de ce midi, Francis Joyon s’en est montré le premier surpris: « j’avais vu que c’était une belle fenêtre mais c’est vrai que je ne m’attendais pas à faire une descente aussi rapide ! Je trouvais qu’Ellen (MacArthur) avait déjà fait une belle descente, et même avec le premier IDEC j’avais été rapide. Donc j’imaginais un passage délicat, avec le pot au noir… alors c’est positif, une belle satisfaction. » Et battre même le temps du maxi Orange mené par tout un équipage ? « Le fait d’avoir une météo favorable aide énormément, mais il ne faut surtout pas mettre la barre trop haute et imaginer que je vais rester dans les temps d’Orange, là je suis à 17 nœuds dans des conditions où Orange serait à 23, 24 nœuds, je ne vais pas tenir leur rythme ! »« J’ai eu du vent portant tout le temps, mais il y a eu aussi beaucoup de manœuvres avec des grains assez violents dans le Pot. J’ai du affaler en catastrophe, prendre des ris en catastrophe pour réussir à passer sans souci. Après j’ai eu droit à du près, des vents très irréguliers, de la pluie battante, là c’était un peu chaud… Le vent variait énormément, mollissait à 5 nœuds pendant quelques minutes et repartait aussitôt à 25, 26 nœuds ! Alors le bateau s’emballait comme un fou… il fallait vraiment être vigilant pour à la fois garder beaucoup de toile pour réussir à passer dans les molles et à la fois ne pas se retrouver avec la cabane sur le chien dans les accélérations ».« C’est la mer qui veut bien nous laisser passer ou pas, alors il y a toujours une satisfaction à réussir ce passage ».« L’alizé est établi à 15 noeuds, assez régulier, sous un beau ciel bleu : des bonnes conditions pour aller vite si ce n’est une houle de sud qui fait parfois buter le bateau assez fortement. Depuis hier je découvre le bateau au près, il a un très beau passage aussi dans la mer à cette allure, en souplesse, sans trop d’efforts ».« Je crois qu’il a été bien dessiné et bien construit, c’est une réussite vraiment sympa. En une semaine j’ai fait plus de chemin que je n’en avais fait avec lui jusqu’ici. Je le découvre au grand large et il est vraiment bien adapté à ça. Je me répète mais je suis hyper content de ce bateau, vraiment. Beaucoup de gens s’y sont investis au-delà du travail normal, comme Christophe (Houdet) et d’autres qui y ont mis de la passion et ça se voit en naviguant dessus au large… »« J’ai pu récupérer après deux nuits blanches, une au Cap vert et une dans le Pot au noir. Même si on ne récupère jamais assez, ça va mieux de ce côté-là tout de même ».« L’alizé permet au mois d’avancer pour y voir plus clair. L’anticyclone de Sainte Hélène est très sud et risque d’obliger à faire une route assez longue pour aller passer de manière classique dans le sud de cet anticyclone.»

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