« Ellen, je voulais te remercier car c’est aussi grâce à toi que je suis là et que le trimaran IDEC existe. Si tu n’avais pas battu mon record, je n’y serais peut-être pas retourné et ce bateau n’existerait peut-être pas… » Joli moment, un tantinet surréaliste ce matin, quand, depuis les locaux du magazine Course Au Large et par la magie des satellites, Ellen MacArthur a pu converser quelques instants avec Francis Joyon, alors que celui-ci est engagé depuis désormais cinq jours dans une tentative pour battre le record planétaire de la navigatrice anglaise. « Merci Francis, prends bien soin de toi ! » a répondu Ellen MacArthur après divers échanges de spécialistes entre les deux seuls marins au monde à ce jour à avoir réussi ce pari insensé qu’est une circumnavigation solitaire sans escale à bord d’un multicoque. Météo, cargos, passage du bateau dans la mer, hommage aux architectes Nigel Irens et Benoît Cabaret, passage du Pot au noir… Ellen et Francis ont visiblement pris du plaisir à échanger entre connaisseurs. Et du plaisir, il y en a à bord d’IDEC comme confiait ensuite Francis Joyon lors de la vacation hebdomadaire officielle, en direct sur le site : « le plaisir, c’est comme aujourd’hui, de jolis moments de voile quand le bateau file à 27, 28, 30 nœuds et passe superbement dans la mer… »Côté chiffres, la marche d’Idec semble plus implacable que jamais depuis le départ de Brest, vendredi. Au terme de son cinquième jour de mer, IDEC fonçait ce midi plein sud au grand large de la Guinée, à des moyennes encore très élevées : plus de 24 nœuds sur les quatre dernières heures… « J’ai 20 nœuds et je file à 120 degrés du vent sur une mer relativement bien organisée », confiait Francis Joyon, qui avait « un peu aperçu les îles » lors de son passage dans le canal Santa Luzia, le plus petit couloir maritime de l’archipel du Cap Vert, la nuit dernière.Résultat au compteur : plus de 547 milles d’avance cet après-midi de mercredi sur le chrono de référence d’Ellen MacArthur. Soit grosso modo une journée au bout de cinq jours de course ! « C’est une belle avance, oui, mais n’oublions pas que le Pot au noir c’est pour bientôt et qu’on peut tout y perdre, suivant que l’on y reste encalminé ou pas et si oui combien de temps », tempère Francis Joyon. IDEC était alors à un peu moins de 700 milles de l’équateur. « L’idée, c’est que j’ai encore 24 heures de conditions très favorables, ensuite, on passera à des choses plus compliquées » explique Joyon qui ajoute : «on ne sait jamais à quel sauce on va être mangé là-bas. Mais l’idée de base c’est couper à travers l’alizé et traverser le Pot vers le 26° ouest le plus rapidement possible, car plus je tarderai et plus il sera large et actif », donc difficile à passer.IDEC marche en ce moment sur des moyennes ahurissantes de près de 550 milles à la journée. Un pur calcul théorique donnerait donc un passage à l’équateur en moins de sept jours, du jamais vu. Mais ce serait sans compter avec ce coup de frein, attendu donc sous 24 heures, à l’entrée de la zone de convergence intertropicale. Ceci dit, le maxi-trimaran rouge a une certaine marge : demain soir, il pourrait bien se retrouver à une grosse centaine de milles de l’équateur, après seulement 6 jours et demi de course. Quant on sait qu’Ellen MacArthur, dans des conditions très favorables et avec un Pot au noir relativement bienveillant, avait bouclé cette première partie du parcours entre Brest et l’Equateur en 8 jours, 18 heures et 20 minutes, on se dit que l’objectif de départ de Francis Joyon – « ne pas perdre trop de temps sur la première semaine de course » – pourrait bien être atteint. Mais n’anticipons pas.

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