Un archipel par jour sur la route du Grand Sud ! Il faut avoir les yeux rivés sur les cadrans et les cartographies pour suivre et croire l’extraordinaire progression d’IDEC depuis son départ de Brest voilà quatre jours, vendredi dernier. Car depuis, Francis Joyon enchaîne les passages symboliques au rythme d’un à la journée : cap Finisterre le premier jour, passage entre Açores et Madère le deuxième, Canaries avalées hier au troisième jour et maintenant… déjà le Cap Vert, où le maxi trimaran rouge va se faufiler dès ce soir. Ahurissant. Sur des moyennes supérieures à 21 nœuds qui impliquent de jolies pointes, toujours dans un flux soutenu de nord-est – « en vous parlant, je file à 27 nœuds et tout va bien », indiquait le circumnavigateur trinitain ce midi – IDEC engrange les journées à plus de 500 milles. Il a déjà avalé 1736 milles !A 17h ce mardi, Francis Joyon avait mis un peu d’ouest dans son sud (cap moyen au 210°) pour affiner la trajectoire de son passage du Cap Vert. IDEC filait alors au grand large de la Mauritanie, légèrement au sud du Banc d’Arguin tristement célèbre pour ses pirates et pour avoir été le théâtre du naufrage de La Méduse qui inspira le fameux radeau de Jéricho. Rien de si dramatique à bord d’IDEC, bien au contraire.« Je crois que la fenêtre météo que j’ai prise est vraiment bonne… » se félicite placidement Francis Joyon, tout en ne tarissant pas d’éloges sur le passage dans la mer de son grand trimaran, passage facilité par sa très longue étrave centrale. Et forcément, cela paie au compteur. A 17h aujourd’hui donc, Francis Joyon était flashé à 24,4 nœuds, à la latitude de Nouakchott, avec déjà une avance de 337 milles nautiques par rapport au chrono de référence d’Ellen MacArthur. Soit deux-tiers de journée de capital (et encore, à ces moyennes élevées) comparativement au temps à battre sur cette portion de Brest à l’équateur. Portion que le routeur d’IDEC, Jean-Yves Bernot espérait au départ de Brest boucler en 8 jours, soit avec quelques heures d’avance sur Ellen MacArthur qui avait bénéficié de conditions exceptionnelles sur ce segment. C’est bien engagé.A ce rythme, après le toujours délicat passage des îles ce soir, le stress additionnel qui pourrait être éventuellement ressenti à bord d’IDEC serait celui de rejoindre et dépasser plus tôt que prévu les neuf équipages de circumnavigateurs engagés en monocoques 60′ sur la Barcelona World Race. Et ce ne serait évidemment pas une très bonne idée de venir percuter l’un d’entre eux. Même s’il faudra d’ici là passer le Pot au Noir, Francis Joyon a promis qu’il serait vigilant sur le sujet…

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