Ce que Francis veut…Francis veut partir. Son trimaran géant mis à l’eau en juin dernier est fin prêt. L’avitaillement en produit frais se fera demain matin à la dernière minute. Le schéma météo envisagé avec Jean-Yves Bernot, s’il ne revêt aucun caractère exceptionnel, présente, pour la saison, suffisamment d’éléments positifs pour que Joyon, point homme à couper les isobares en quatre, décide de larguer dès demain les amarres. « Le vent sera au nord, et le restera pendant plusieurs jours. En ce début d’hiver, c’est une configuration suffisamment rare pour savoir en profiter » assure Bernot. « L’avantage, c’est de pouvoir rapidement faire la jonction avec les alizés au large du Portugal. » Joyon n’en demande pas davantage. « Mais le Nord Ouest soutenu en force et en durée est une configuration de plus en plus rare en cette saison où l’on trouve plus facilement du Sud Ouest synonyme de près dans le Golfe de Gascogne. » Le vent sera demain calé au Nord / Nord-Est. Ce sera donc au portant plein vent arrière qu’IDEC entamera sa descente de l’Atlantique Nord. Un segment qu’Ellen Macarthur avait, il y a deux ans, effectué à très vive allure. « L’objectif est de conserver un tempo similaire à celui d’Ellen dans cette première partie de course » explique Francis de sa voix toujours aussi étonnamment placide. « C’est lors de la remontée en Atlantique Sud que Castorama avait beaucoup ralenti. J’espère à ce moment-là être en mesure de faire la différence. »Il faudra d’ici là, on l’a compris, maintenir des vitesses élevées jusqu’aux alizés de Sud Est qui balaient la zone équatoriale. Véritable sprint planétaire, cette tentative de record ne peut souffrir d’aucun temps mort ni de mise en jambes. « Il faut partir vite car l’idée est d’accrocher dans ce régime de vent soutenu d’une vingtaine de noeuds les alizés Portugais, pour enchaîner ensuite sans perdre de temps avec les différents courants porteurs du large de l’Afrique du Nord. » Le record d’Ellen MacArthur constitue aujourd’hui un des monuments de la course au large en solitaire. Francis, auteur d’un temps au demeurant très proche en 2003 (72 jours et 22 heures), sait mieux que quiconque la dose massive d’efforts qu’exige un tel défi. « La barre est haute » prévient il. « Il n’y a pas beaucoup de gras, de place ou d’endroits où l’on peut espérer prendre du temps. »Aller vite, dans la sérénité. Voilà ce que Francis s’est attelé à réaliser avec son nouveau plan Irens/Cabaret. « IDEC est un bateau sécurisant. Nous avons su créer un bateau qui n’enfourne pas, qui passe remarquablement dans la vague et qui ainsi limite le stress. Il permet de conserver longtemps des vitesses élevées. » Vagues, stress, vitesses élevées… le ton est donné, le marin est prêt, l’aventure peut débuter…

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