VINGT JOURS POUR RENTRER A LA MAISON

La Nouvelle-Zélande est déjà 1500 milles dans le sillage d’IDEC SPORT. Francis Joyon et ses hommes font toujours cap au nord-est pour tenter de trouver la connexion météo. Le cap Horn est un peu plus de 3000 milles devant les étraves.

Toujours pas d’empannage ce mercredi matin, alors que les marins d’IDEC SPORT attaquent leur 25e jour de mer depuis le départ de Ouessant. La soustraction est rapide : il reste vingt jours pour rentrer à la maison dans les temps du record de Banque Populaire V. L’équation stratégique est plus complexe : route très nord ou route très sud ? Statu quo pour le moment sur cette question, la décision n’est pas encore prise.

D’un point de vue mathématique, où en sommes nous ce matin ? C’est simple : le cap Horn est environ 3100 milles devant
l’étrave et l’idéal serait d’y parvenir en sept jours afin de conserver les meilleures chances sur la remontée des deux Atlantiques Sud et Nord, puisque Banque Populaire avait atteint le célèbre « Cap Dur » à la fin de son 31e jour de mer. Il faudrait donc pour DSC_9655cela tenir des moyennes quotidiennes de plus de 440 milles efficaces vers le but. En pure théorie, c’est dans les cordes du trimaran IDEC SPORT qui a déjà prouvé sur l’océan Indien qu’il était capable de tenir des moyennes comprises entre 700 et 800 milles !  Mais c’était sur ce spectaculaire « tout droit » austral et les conditions sur le Pacifique n’autorisent pas ce genre de perspective pour le moment.

Reste que la mer est belle, les vitesses toujours relativement élevées – près de 30 nœuds de vitesse surface –  et le retard sur le tenant du titre  (un peu moins de 300 milles ce matin) a des chances d’être un peu réduit aujourd’hui car Banque Populaire avait fait une petite journée à ce moment-là du parcours, avec seulement 270 milles parcourus pendant son vingt-cinquième jour de mer. Vu de l’extérieur, on a hâte qu’IDEC SPORT retrouve des pourcentages de VMG (velocity made good, vitesse efficace vers le but) plus élevés. Mais pour cela il faudrait empanner et pour l’instant, la route météo ne l’autorise pas. Comment Francis Joyon et ses hommes vont-ils pouvoir négocier cette transition ? C’est la question de la journée… bien plus importante encore que le duel pourtant spectaculaire qui fait rage en plein Pacifique avec Spindrift, son concurrent à vue. Les images, incroyables, ont fait le tour du monde hier. Elles montrent en tous cas qu’IDEC SPORT – pourtant 10 mètres plus court et en équipage réduit –  tient parfaitement la comparaison.