Des surfs à près de 40 noeuds

« Ca glisse bien. La mer est rangée. Le bateau se barre facilement. » Posés, reposés, Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage envisagent avec sérénité un premier tronçon de leur tour du monde tout en glissade au cœur d’un bon flux de secteur nord nord-est appelé à persister jusqu’au pot au noir. Un secteur de vent qui ne mérite pas encore le nom d’alizé et qui va contraindre le grand trimaran IDEC SPORT à prolonger loin vers l’ouest Canarien son bord actuel, avant un empannage stratégique pour plonger résolument plein sud vers l’archipel du Cap Vert. Un temps de passage très correct à l’équateur est espéré, proche des 5 jours et 16 heures signés en novembre 2012 par Loïck Peyron et l’équipage de Banque Populaire V.

Il aura fallu tout juste deux jours au maxi-trimaran IDEC SPORT pour rejoindre ce matin les parages immédiats de l’archipel des Canaries. Ciel bleu, belles lumières et une houle enfin régulièrement ordonnée ont accueilli Francis Joyon et son commando. Les 6 hommes du bord enchainent déjà avec une belle régularité la routine des changements de quart. « On a l’impression de ne s’être jamais quitté depuis un an » s’amuse Alex Pella. « On a repris nos habitudes de l’an passé avec plaisir et facilité. » Nouveau venu dans la famille IDEC SPORT, le grand Sébastien Audigane a immédiatement fait admirer son expertise à la barre, sa belle connaissance d’un bateau qu’il a pratiqué dès son lancement en 2006, et sa légendaire gentillesse. « Seb nous fait part de ses remarques sur l’évolution du bateau » souligne Francis ; « Il n’avait jamais navigué avec ce petit mât (dessiné initialement pour le solitaire) et il est très agréablement surpris par le bon comportement très sain du bateau. Ce gain de deux tonnes est très appréciable. »

Des surfs à près de 40 noeuds
Le curseur de la vitesse placé avec insistance au delà des 30 nœuds, « avec des surfs à près de 40 nœuds » précise Alex Pella, IDEC SPORT engrange avec facilité de précieux milles. « Nous sommes dans la phase très agréable de ce tour du monde » explique le Barcelonais. « Plus tard, dans l’alizé de sud-est, nous retrouverons à nouveau ces fantastiques impressions de glisse, dans une température agréable, sous le soleil et malgré les nombreux embruns créés par la vitesse. » La vie s’écoule ainsi, rapide, nimbée de la communicative convivialité d’un équipage si idéalement complémentaire. Les affres du pot au noir n’occupent pas encore les esprits. Francis, Clément, Alex, Sébastien, Bernard et Gwéno sont tout à leur bonheur de tracer mille après mille le sillon le plus efficace dans cette portion si enchanteresse de leur tour du monde.