SUR LA ROUTE DU HORN

Le Maxi trimaran IDEC SPORT en termine ce matin avec le franchissement de la deuxième barrière météo tombée sur son chemin vers le sud de l’Amérique latine et le cap Horn.

Après une nuit marquée, et c’était prévu, par un fort ralentissement, et des « vitesses » tombées très bas, Joyon et ses hommes entrent progressivement dans le régime de sud-ouest qu’ils visaient depuis deux jours. Deux jours, c’est en effet le temps consacré à négocier cette partie du Pacifique sud barrée par deux difficultés météo, matérialisées par un premier centre dépressionnaire, suivi hier après-midi par une vaste zone anticyclonique. Son contournement aurait mené IDEC SPORT au plus près de l’Antarctique et de ses glaces dérivantes, et c’est finalement le choix de la traverser qui a été retenu. Deux épisodes de vent faible en 36 heures, c’est beaucoup pour une tentative de record autour du monde. Mais la route vers le cap Horn se trouve aujourd’hui dégagée, balayée par des flux de sud-ouest forts et soutenus. IDEC SPORT va  progressivement retrouver tout au long de la journée le carburant vélique qui lui sied si bien, en force comme en direction. On imagine l’impatience des Joyon, Surtel, Pella, Herrmann, Stamm et Gahinet, concentrés depuis 24 heures à lutter contre l’inertie de leur trimaran géant privé de vent. IDEC SPORT entame un nouveau sprint de reconquête. Son adversaire virtuel Banque Populaire V compte à nouveau une avance substantielle, plus de 560 milles. On se souvient que c’est avec 790 milles de retard que Joyon et ses hommes avaient abordé l’océan Indien, pour revenir finalement à la hauteur du détenteur du Trophée Jules Verne quelques 5 jours plus tard sous la Tasmanie. L’élastique des écarts se tend et se détend au rythme des humeurs d’Eole.